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Point de vue - partie

Envoyé par Original Sin 
Re: Point de vue - partie
jeudi 12 mai 2016 18:56:13
Sont pas restés longtemps, les jeunes. Au centre des guides de haute montagne à Innsbrück, un ancien collègue a remarqué les volatiles d’un petit jeune homme pastel : « Ah mais c’est pour Aurelio ça ». Ils m’ont appelé, aucun défi du côté de l’alpinisme, mais les oiseaux valaient le détour qu’ils disaient. J’ai longuement hésité, fatigué d’avance à l’idée de me coltiner une troupe de mollassons de la ville aux chevilles fragiles. Et… pourquoi pas après tout, ils n'auraient qu'à subir ma mauvaise humeur s'ils m'agaçaient trop. Des piafs… tu parles d’un prétexte pour huiler mes articulations grippées par l’isolation. Enfin, plutôt pour accepter gracieusement de laisser des jeunes gens cavaler derrière moi sur les pentes rocailleuses. La vénalité, c’est pour ces charognards de citadins.

On a sympathisé autour d’un verre de schnaps, le temps que je vérifie que les filles n’allaient pas geindre sur tout le chemin, et puis que les oiseaux n’étaient pas des balivernes inventées par un petit malin qui voudrait se payer ma tête. Manifestement je n’étais pas si mal tombé, les garçons n’avaient pas l’air trop hypotoniques et les filles semblaient d’aplomb. Mieux que ça, elles m’ont plu. Ambre était un petit bout de femme courageux et volontaire, mais c’est l’autre qui m’a convaincu de les prendre avec moi. Ou plutôt son sourire lumineux et une esquisse de dessin griffonnée sur un coin de table alors qu’elle sirotait distraitement son diabolo-fraise. Je leur ai dissimulé, évidemment. Les petits gars à Innsbrück les avaient prévenus que je ne suis pas commode, et je n’allais pas leur faire le plaisir de me dégeler si vite…

La randonnée que j’avais prévue leur convenait à merveille, et puis il n’était pas question de modifier mon itinéraire de toute façon. Un petit bout de chemin sur l’Adlerweg, la Voie de l’Aigle, c’était prédestiné… On est partis à 7h de l’auberge de Schlossblick à Grub, pour éviter le cagnard dans la première montée. Ils sont barbares les noms dans ta région, m’a fait remarquer Ambre dans son allemand approximatif. Je lui ai reproché son enfermement dans les stéréotypes, mais au fond j’ai moi-même toujours eu une préférence pour les sonorités chantantes de mon Tyrol italien natal, dont l’irrédentisme surnage difficilement dans l’océan de germanisme local. Dans les sacs, crampons, corde et tout le fourbi nécessaire pour l’ascension périlleuse du Plessenberg, qui culmine à 1 743m, et offre une vue à couper le souffle sur les sommets voisins et les chaînes de montagnes qui bleuissent au loin. Dans la vallée, le glacier s’étire paresseusement et en été ses craquements sinistres dûs au dégel résonnent dans le lointain. Abe, qui jouait un peu les bravaches dans le groupe, a eu l’air ébranlé à l’idée d’emprunter un sentier de « catégorie noire », mais disons-le une bonne fois pour toutes, c’est du vocabulaire touristique destiné à dissuader les randonneurs du dimanche. C’est ce que j’ai assuré aux jeunes, péremptoire, et ils m’ont cru sur parole : Mathieu en a été quitte pour un joli accès de vertige au milieu de l’ascension. Un phénomène curieux le vertige, même après soixante ans de pratique de la montagne on ne s’en défait jamais complètement… le magnétisme du vide, le désir de chute et d’anéantissement au milieu du sublime des crêtes enneigées, et l’espoir, caché, de pouvoir planer comme les oiseaux de Vincent…

Mine de rien, huit heures de marche pour 1350m de dénivelé positif, pour moi c’est une promenade de santé mais les petits ont eu l’air de les encaisser durement. Après un grand sommeil réparateur à l’auberge de Gwercherwirt, je les ai emmenés visiter les gorges de Kaiserklamm, nostalgie oblige, et Vincent a eu l’air rêveur quand je lui ai expliqué que Sissi l’impératrice avait passé quelques nuits dans le grand hôtel qu’il voyait là-bas. Vincent. Il avait l’air un peu à côté de ses grolles, l’air de quelqu’un qui voit trop loin pour lui, mais dont le regard est voilé par une espèce de cataracte triste bien trop familière... En même temps, un gars qui emmène une volière avec lui pour un roadtrip entre amis, comme ils disent, c’est forcément quelqu’un qui plane autant que ses piafs, non ? Je veux dire, les déjections fétides, les cris perçants étaient difficilement compensés par les quelques instants (je l’ose) volés d’élégance quand les rapaces s’élançaient dans les airs, au milieu des embruns des cascades et des rayons de soleil diffractés par les gouttes d’eau.

L’air pur du Tyrol qui vibre dans la clarté matinale, le vert intense qui sature les rétines en été et les formes sombres des sapins qui se découpent sur la brume… les odeurs chaudes et moites qui imprègnent les narines dans les vallons esquichés entre deux cols et les sauterelles qui jaillissent des champs d’herbes sèches à chaque pas… ça ne se comprend pas en une randonnée, ni même cinq ou quinze. Je ne suis pas sûr que l’étape suivante de l’Adlerweg, plus fatigante mais moins escarpée, dans les alpages d’herbe rase de l’Hallerangeralm, a étanché leur soif d’altitude, mais je crois que la fatigue physique et l’espace immense qui s’ouvre au regard à chaque vire ont eu raison de la chape de tristesse qui les enveloppait. Je les ai vu se courir après joyeusement dans les névés et se jeter au visage des poignées de neige fondue, et les vallées ont résonné de leurs rires clairs. Je les regardais de loin, perdu dans les souvenirs qu’ils ressuscitaient de l’époque où Hans et moi explorions les moindres recoins de cette région, munis seulement de nos gourdes et de notre saucisson séché, dormant à la belle étoile ou dans quelque cahute de berger trouvée à l’improviste.

Ils sont repartis le lendemain, les jambes lourdes et l’esprit léger, aussi soudainement qu’ils avaient débarqué. Une paire d’amis à rejoindre à Vienne, si j’ai bien compris. Ça m’a laissé comme un grand vide, juste là. J’en ricane encore, quelques jours à peine suffiraient donc à venir à bout de l’Aurelio aigri et bourru ? La belle absurdité, moi qui m’étais promis de laisser les hommes à leurs turpitudes délétères… Qu’importe, le souvenir fugace des quelques jours où je les ai pris sous mon aile habitera ma solitude misanthrope aux côtés du souvenir de Magda.

Modifié 2 fois. Dernière modification le 12/05/16 19:00 par Slather.
Re: Point de vue - partie
vendredi 13 mai 2016 00:21:45
Re: Point de vue - partie
vendredi 13 mai 2016 00:23:59
Re: Point de vue - partie
vendredi 13 mai 2016 01:39:19
Re: Point de vue - partie
vendredi 13 mai 2016 15:49:43
Re: Point de vue - partie
vendredi 13 mai 2016 16:51:03


Modifié 1 fois. Dernière modification le 13/05/16 16:52 par Vd22.
Re: Point de vue - partie
dimanche 15 mai 2016 20:32:23
Chère Julia,

J'ai à peine pris le temps de défaire mes bagages que je me suis précipité pour te donner de mes nos nouvelles. Comme prévu, après t'avoir dit adieu nous avons directement filés vers la Suède, livrés aux bons soins d'un grand gaillard, descendant direct des Vikings prénommé Heinrik. A notre arrivé, je peux t'assurer que l'on était pas très fiers face à ce colosse, surtout quand l'autre abruti génie de Jacques a renversé le contenu de sa thermos sur les tapis neufs de sa voiture.

On a cru au début qu'il allait nous arracher la tête ou nous poursuivre à coups de hache, mais n'en a rien fait. Il a simplement dit que du café noir sur des tapis noirs, ça ne pouvait que raviver la couleur. Sa famille est très gentille, et sa femme jolie, chaleureuse et attentionnée, à un point que Jacques commençait à lui faire les yeux doux. Vous auriez vu l'engin vous auriez fait pareil Matthieu a du le calmer silencieusement et lui promettre une beigne s'il ne s'arrêtait pas.

Bref, tout cela nous amène aux fjords, majestueux et paisibles à la fois. C'est une véritable paix qui nous envahit devant un spectacle aussi spectaculaire ! Des paysages vierges d'habitations qui nous ramènent des siècles en arrière, dans les plaines enneigées de Scandinavie Skyrim.

Si je peux me permettre d'une remarque d'ailleurs, les femmes de ces pays glacés n'ont pas volé leur réputation. A la vue de leurs blonds cheveux et de leur 95D, n'importe qui se sent défaillir. Mais ne t'inquiète pas ma Julia, elles sont bien loin de t'arriver à la cheville ça se discute.

Cependant, ce climat n'a pas réussi à tout le monde, et le vieil oiseau de Vincent n'a pas résisté. Le pauvre était vraiment très peiné, tout comme le reste de notre groupe, soit la tristesse se communique, soit on s'était tous attachés à ces oiseaux au final.
Pour rester dans les points désagréables, Jacques a trouvé le moyen d'acheter de la vodka pas cher et m'a confirmé qu'il tenait moins bien les spiritueux que la bière. Cet idiot homme admirable n'a pas trouvé un autre endroit pour rendre que ma polaire neuve... je songe à l'assommer lors de la prochaine Oktoberfest en guise de vengeance. et ça se dit frère jumeau, sale traitre

Le voyage s'est terminé en Ecosse, je te le décrirai dans une prochaine lettre, ne t'en fais pas ! Et je songe à t'y emmener l'an prochain, uniquement nous deux et personne d'autre. c'est pas gagné

Je vais laisser Jacques poster la lettre, ça me laissera un peu de temps tranquille pour te téléphoner, je n'ai pas trop envie de le mettre au courant pour le moment, peut être plus tard ! c'était pourtant bien essayé, mais rien ne m'échappe !

Je t'embrasse fort ma Julia,
Ton amoureux d'ailleurs, Jean

Et Jacques, grosses bises baveuses
Re: Point de vue - partie
mardi 17 mai 2016 11:36:40
Re: Point de vue - partie
mercredi 22 juin 2016 15:34:37


Modifié 1 fois. Dernière modification le 22/06/16 17:21 par RogerLAmer.
Re: Point de vue - partie
mercredi 22 juin 2016 17:06:21
Mièvrerie
mercredi 22 juin 2016 17:20:20
Et voilà que je glousse encore ; Mathieu, tu ne cesses de me surprendre. Doux, patient, attentionné, drôle, spirituel... J'ai beau chercher, je ne te trouve pas de défaut et ceux qui viendraient à se révéler sembleraient autant de qualités, de preuves que tu existes bien, que tu es réel, je trouverais ça mignon j'en suis persuadée. En réalité cette situation m'intimide, je vois certains signes ostensibles, je ne suis pas insensible à ton charme, mais je ne saurais assumer être le centre de tes attentions, je ne peux pas, je... Non ! Il est vraiment en train d'approcher ses lèvres pulpeuses qui promettent tant de douceur et de bonheur ? Il est vraiment en train de se pencher vers moi ? Sa main délicatement posée dans mes cheveux, une étreinte dont je peux me dégager mais qui m'invite vers sa chaleur. Non !

Camille pose son index en travers des lèvres de Mathieu, tant pour sauvegarder le peu d'espace qui les sépare d'une forme d'union doucereuse, que pour s'assurer une écoute avant qu'il ne réagisse "Mathieu, laisse moi devenir quelqu'un, laisse moi être avant d'espérer te plaire, je ne voudrais pas gâcher la beauté de notre relation et l'espoir de ce qu'elle peut devenir en te décevant."
Mathieu embrasse le doigt de Camille, comme une consolation, avant de reculer.
Je l'ai choqué ? Il fait la moue, il réfléchit ? Il m'en veut ? Mathieu si tu savais combien tu comptes pour moi.
"Je veux voyager, je veux comprendre ma place, je veux construire, je veux être."
Il sourit. A mes dépens ? Mathieu...

Il s'approche à nouveau, veut-il insister ? Sa joue contre la mienne, son souffle léger sur mon oreille, et ces trois mots... Jamais je ne les oublierai.

"Partons en voyage".

Il était sérieux, et notre quête initiatique fut partagée, et chaque nouvelle bonne volonté permit d'agrandir l'océan des possibles, jusqu'à ce qu'on parte enfin.

Mathieu, attends moi, je serai quelqu'un, et on s'aimera.

Modifié 1 fois. Dernière modification le 23/06/16 09:44 par RogerLAmer.
Re: Point de vue - partie
mercredi 22 juin 2016 17:22:32


Modifié 2 fois. Dernière modification le 22/06/16 17:26 par RogerLAmer.
Re: Point de vue - partie
lundi 27 juin 2016 23:57:01
J'aime bien ces jeunes qui voyagent. Comme je n'ai moi-même pas les moyens de le faire, j'ai l'impression de vivre toutes ces péripéties à travers eux. Quand ils rentrent chaque soir et me racontent leur journée, j'ai toujours des étoiles plein les yeux à les imaginer découvrir cette ville que je connais pourtant par cœur.

Alors oui, j'ai déjà entendu mille fois les anecdotes qu'ils me racontent sur la porte de Brandebourg, la colonne de la Victoire et le Reichstag. Je n'ose pas leur dire que je les connais déjà toutes, ils ont toujours l'air si fiers d'eux lorsqu'ils pensent m'apprendre quelque chose. Alors je les laisse dire, le sourire aux lèvres. Je ne veux pas les contrarier, gâcher l'instant présent. Après tout, ils sont là pour en profiter, non ? Alors autant leur faire plaisir.

Évidemment, il y a des limites. Certaines de leur réflexion, sur notre passé notamment, me font froid dans le dos. Quand ils me parlent du Musée Juif ou du centre Anne Frank qu'ils sont allés visiter, je ne peux m'empêcher de frissonner. Mais là encore, je laisse dire. Mon histoire personnelle ne doit pas entrer en compte là-dedans. Et puis, je ne veux pas qu'ils me regardent différemment. Je veux simplement être la logeuse sympathique, à l'écoute, disponible. Je n'ai pas besoin de pitié, d'apitoiement ou de quoi que ce soit d'autre de négatif. Ma vie ne regarde que moi.

Mais cette fois-ci, c'est un peu différent. Cette fois, il y a Jean.

Jean faisait partie du dernier groupe de voyageurs venus faire escale chez moi. Encore une fois, ils étaient tous très gentils, avec de belles histoires à raconter. Ils m'ont fait maints compliments sur mon accueil et ma cuisine. Mais il y avait plus que ça chez l'un d'entre eux. Chez Jean. Pas facile à reconnaître au premier coup d'œil à cause de son frère jumeau, Jacques, mais après plusieurs jours à entendre ses mots gentils, je pouvais l'identifier sans problèmes.

Jean était vraiment très gentil. Il m'a ramené des cadeaux, des fleurs, et même aujourd'hui, alors que lui et ses amis sont partis depuis un moment déjà, il continue de m'écrire. Il me promet des voyages et des aventures à la pelle. J'aimerais beaucoup lui répondre avec entrain, mais je ne peux pas.

Je ne peux pas car c'est mal. J'ai eu des doutes au début mais plus les jours passaient, plus j'en étais persuadé. Qu'il en était un. Et je me sentais de plus en plus mal à l'aise à devoir l'écouter, lui parler, même le regarder. Je ne savais plus quoi faire. Mon cœur était partagé entre ce que l'on m'a toujours appris et la réalité du moment.

J'espère vraiment que les choses vont s'éclaircir maintenant qu'il est parti. Je dois faire confiance à Adolf. Le seul qui ne m'ait jamais déçu.

Modifié 4 fois. Dernière modification le 28/06/16 00:00 par MilkaFun.
Re: Point de vue - partie
lundi 27 juin 2016 23:57:32
Re: Point de vue - partie
mardi 28 juin 2016 09:21:19
Re: Point de vue - partie
mardi 28 juin 2016 09:41:56
Re: Point de vue - partie
mardi 28 juin 2016 10:18:01
Re: Point de vue - partie
lundi 4 juillet 2016 11:28:45


Modifié 1 fois. Dernière modification le 04/07/16 11:30 par SpiralPad.
Re: Point de vue - partie
lundi 4 juillet 2016 11:36:40
C'est bien à moi, j'écris un truc, mais ça me plait pas.
Re: Point de vue - partie
vendredi 22 juillet 2016 00:31:55
Il y a des jeunes qui étudient, des jeunes qui lisent et qui apprennent, il y a aussi des jeunes qui travaillent et des jeunes qui rêvent. Et puis il y a aussi les jeunes qui voyagent, qui transforment les rêves en réalité et qui mettent les étoiles du ciel au fond de leurs yeux et de leurs cœurs.

Nous avons suivi ces jeunes, qui plaquent tout pour découvrir le monde, au gré de leur voyage, une année sabbatique en marge du système qui leur permet de décompresser, envisager l'avenir, réfléchir, mais surtout découvrir.

Dans ce reportage vous allez découvrir, Mathieu, Camille, Ambre, Vincent, Abe, Jean et Jacques et nous allons vous conter leurs tribulations autour de l'Europe.

C'est avant tout un pari fou, une idée saugrenue, mais qui a planté ses germes dans leurs esprits. Ces jeunes se connaissent depuis plusieurs années pour certains, et des liens forts les unit. Et un jour, ils ont décidé que ce projet aurait lieu, ils en avaient envie, ils en avaient besoin. Alors, ils ont pris le temps pour que ça ne soit pas un échec, ils ont préparé le terrain, laissant quand même quelques incertitudes, ils ne savent pas si cela va leur plaire, ils ne savent pas comment ils en sortiront. Ces jeunes partent dans une aventure vers l'inconnu, ces jeunes sont des explorateurs. Ils partent découvrir, par le biais du monde extérieur qui ils sont au fond d'eux-même.

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Le début du voyage fut dur, il n'est pas toujours facile de commencer une nouvelle vie. Et le fait qu'Aude, une de leur camarade ait du quitter l'aventure dès le premier pays visité rendait le climat encore plus morose il faut dire que la région très industrialisée de Milan n'est pas la plus agréable au premier regard. Mais, bien vite, les traits se déridèrent. Ils profitaient de la vie sur les routes d'Europe, dans un voyage initiatique, un rite pour enfin devenir des adultes à part entière. S'offraient à eux des moments privilégiés dans des endroits qu'ils ne verraient peut être plus jamais.

Ils visitèrent Rome, la ville éternelle, certains en profitèrent pour changer brièvement de pays en se rendant au Vatican, tandis que les autres s'extasiaient au niveau de la villa Médicis et de la célèbre place d'Espagne.

Ils purent ensuite se rendre à Pompéi la dévastée, ruine antique, et preuve que la nature réclame toujours son du. Ils ne gravirent pas les pentes du Vésuve, voire Naples depuis la route les avaient bien assez écœurés comme cela. La suite de leurs aventures les emmena vers la Sicile, en longeant les iles éoliennes, tombeau du funeste Typhon. Ils furent charmés, et je pense qu'ils iront revoir leur Syracuse comme dirait l'autre. Les trésors culturels et la richesse et la diversité de son histoire les marqua fortement. La Sicile, colonies grecques puis romaines. Les chrétiens, les juifs et les arabes ont longtemps vécus ensemble et en paix en ce lieu d'espoir.

Espoir, pour que leur périple soit tout aussi charmant.


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Et après une courte escale à Venise, nos intrépides jeunes gens passèrent d'une éternité à une autre. De l'Homme à la Nature. Un retour aux sources. Celles de notre existence. Ils se sentirent tout petit au milieu de la splendeur des monts autrichiens. Tout petit face à temps d'année d'existence, qui n'auront pas rompu le coup à ces créations de la Terre, érigés là, comme de primitifs dolmens, des pyramides rendant grâce à la conception elle-même. Pour ne pas se perdre à jamais en naviguant entre ces géants d'une autre ère, ils furent guidés par Aurelio, un autochtone. Ils furent charmés, et il fut conquis. Des jeunes entreprenant un tel voyage, ils avaient un courage qu'Aurelio ne rencontrait que rarement chez les touristes ordinaires. Et, chose unique, ils avaient les oiseaux qui semblaient danser autour du groupe, comme si la présence d'innombrables éons galvanisaient ces créatures ailés. En ces lieux magiques, il y avait la force tranquille des êtres de pierres, et la fougue indomptable de créatures aériennes, quasiment célestes.

Lorsqu'il fut temps des adieux, la voix d'Aurelio était amère et son timbre déjà mélancolique. Mais je pense que les enfants, trop absorbés par les merveilles qui s'offraient encore à eux ne le remarquèrent pas…


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Ils ne quittèrent pas tout de suite les paysages bucoliques et sylvestres, puisqu'ils traversèrent la Bavière, buvant quelques bières en observant avec minutie les resplendissant châteaux de Bavière. Mais, ils ne s'éternisèrent pas, ils allaient chez Julia, une logeuse berlinoise chez qui ils allaient faire les accueillirent un temps. Le temps du souvenir et de la mémoire. Berlin, ville tiraillée, construite de toute pièce dans des marais pour une lubie d'un roi prussien, cette cité, grâce à son économie florissante c'était imposé comme un des grands centres culturels du vieux continent. Mais bientôt la réalité et l'Histoire allait rattraper l'ours allemand, comme l'ont constaté nos tendres voyageurs. Ils virent à quel point le désespoir du fascisme et la crainte de l'infamie nazie avait marqué la cité.

Et après s'être assuré de ne jamais oublié le passé, notre passé et d'honorer la mémoire des gens qui furent massacrés futilement ; ils allèrent voire les scarifications encore présente d'une autres horreur . Celle qui, après la morbide période de la seconde guerre mondiale, déchira encore Berlin en son cœur, une aberration qui sépara la ville en deux mondes différents, et figea l'Histoire du pays dans une des périodes les plus navrantes de l'époque moderne.

Ce fut très dur pour eux, des larmes coulèrent. Mais ils en furent changer, ils avaient vu, ils savaient, ils avaient progressé dans leur voyage. Cette étape étaient obligatoire pour leur groupe, et les a bouleversé d'une manière très différentes des rencontres précédentes. Après leur importante tâche effectuée, ils purent aller vers le Nord, et se souvenir.


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Ils arrivèrent en Suède, dans les étendues scandinave, berceau de la civilisation viking qui marqua de son empreinte le monde et les nations. Ils rencontrèrent Heinrik, un valeureux géant qui les protégea du froid et de ses souffrances. Ils purent remarquer que l'hospitalité nordique n'était pas une légende, et les jeunes éphèbes du groupe furent impressionnés par la beauté expressive des grandes blondes suédoises. Malheureusement, un événement des plus tragiques vint ternirent profondément leur aventure. Un des oiseaux n'avait pas survécu au froid. Quand ils expliquèrent que c'était un de leur compagnon de route, Heinrik rendit un des hommages les plus touchants qu'il ait été donné de faire. Avec d'autres descendants des conquérants, ils construisirent un drakkar pour l'animal, et mirent le feu au bûcher qui brûla sur les eaux glacées du fjord. Les âmes en peines qu'étaient nos petits français regardèrent le brasier jusqu'à la fin. Le lendemain lorsqu'il fut temps de prendre congé, se reflétait encore dans leur yeux, la proue du navire, un phénix aux ailes de flammes.


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Ils purent abordé la dernière étape de leur voyage dans une terre de mystères, cette fois-ci les plaines, pleines de secrets, des highlands écossais s'étendaient, à perte de vue devant eux. Visitant les châteaux, jouant à se faire peur dans ceux-ci en flirtant avec le surnaturel, ils s'amusaient, retardant le moment fatidique qu'ils redoutaient tous temps, après cette longue épopée, il était enfin l'heure de goûter la panse de brebis farcis. Et autant dire qu'ils n'étaient pas forcément emballés à cette idée, rejetant les uns sur les autres cette propositions des plus saugrenues. Mais ils furent surpris par la qualité de ce met, les aubergistes les taquinant à propos des coutumes alimentaires bizarre des froggies. Ils purent faire de longues randonnées, partant le matin avec un sac rempli de victuaille pour le trajet, de l'eau pour s'hydrater et les produits de premiers soins.

Chaque jour de cet épisode leur permit d'explorer et d'admirer des paysages aussi différents que magnifique. La richesse de cette terre les conquis entièrement et la beauté de ces paysages les laissa rêveurs.

Cependant, comme tous les voyages commencent par un premier pas, il faut bien qu'ils se finissent un jour. Et nos fiers jeunes adultes purent rentrer chez eux le devoir accompli. Les retrouvailles furent pleines de joies et de larmes. Les mots se mélangeants dans la bouche de chacun, aussi vite qu'un souvenir fugace ou qu'une anecdote traversaient l'esprit heureux et désireux de partagé l'expérience avec ses proches. Aude était là aussi pour les accueillir…

Mais refermons ici cette page de leur histoire et laissons-les profiter de ces moments de liesse, ou d'intimité. Laissons-les rêver de nouveau. Rêver du passé, mais aussi rêver du futur. Iront-ils rendre visite à leurs amis rencontrés sur le chemins ? Découvriront-ils de nouveaux horizons ? Repartiront-ils ensemble ? Feront-ils profiter d'autres personnes ?

Et vous, quelle est votre aventure ?


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Vous pouvez retrouver l'intégralité de ce reportage sur notre site : https:\\www.DansTonCanal.fmr\
Re: Point de vue - partie
vendredi 22 juillet 2016 08:59:39
Re: Point de vue - partie
vendredi 22 juillet 2016 09:16:53
Re: Point de vue - partie
vendredi 22 juillet 2016 14:43:12


Modifié 1 fois. Dernière modification le 22/07/16 16:12 par RogerLAmer.
Re: Point de vue - partie
vendredi 22 juillet 2016 15:41:53
Re: Point de vue - partie
vendredi 22 juillet 2016 17:46:34
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