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Topic à histoire

Envoyé par Xaïl 
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Re: Topic à histoire
vendredi 23 octobre 2015 16:04:01
Excellent !
Tous les mots sont présents dans un contexte cohérent, on se laisse porter par l'histoire en réalisant peu à peu ce dont il s'agit, le registre de langage est riche et agréable, et y'a de la figure du style et du style dans les figures. Petite mention pour "je me laissais choir dans mon sang et dans ma mère, dans mon foyer originel, la mer qui m'avait vue naître". A noter que si j'avais écrit ça on m'aurait traité de Lanister en criant à l'inceste, mais vraiment je trouve que rien que cet extrait vaut de l'or.
Re: Topic à histoire
vendredi 23 octobre 2015 21:04:38
Hey merci :3
C'est la première fois que j'écrivais avec des contraintes, apparemment je devrais le faire plus souvent !

Bref, si j'ai bien compris c'est à moi de proposer dix mots ^^

Chocolat - voix - nuage - aphrodisiaque - dîner - occipital - lèvre - feutré - neuf - dix
Re: Topic à histoire
samedi 24 octobre 2015 23:56:08
H+1 Merde, je sens déjà presque plus mes doigts. Qu'est-ce qu'il me reste dans la poche ? Mmmh… Un carré de chocolat. Qu'est-ce que ça fout là bordel. Ah oui, le carré de Max. "Du chocolat pour le courage". Je t'en foutrais, moi. C'est fini, Max. On va crever ici, comme des cons, avec pour seul compagnie le bruit des sirènes. Comment on en est arrivés là ?

H-1 Dernières vérifications. Normalement, tout est ok. Mais est-ce qu'un coup s'est déjà déroulé sans accrocs ? Non, jamais. Il faut toujours être prêt à improviser, à sortir un joker de sa manche. Sur le siège avant de la camionnette, la voix de Frank a déjà adopté un timbre différent, celui de sous la cagoule. Je sais même pas ce qu'il raconte. Dans ma bulle, sur mon nuage, trop concentré à me remémorer tout le plan dans ma tête. Y en a qui doivent parler pour évacuer le stress, moi je ferme les yeux et je pense. C'est tout.

H-9 "Allez, c'est peut-être la dernière, profites-en !". La dernière quoi ? La dernière nuit ? La dernière fois que tu baises ? J'compte pas crever demain, Max. C'est risqué, mais on est prêts. Toi, tu penses qu'à te taper une meuf, encore une, hein. Dès qu'on est rentrés là, dès que j'ai senti les vapeurs aphrodisiaques, j'ai senti que t'allais pas rester longtemps avec moi. Une blonde, comme d'hab. Allez, libère tes endorphines. T'as intérêt à être bon demain, c'est tout ce que je te demande.

H-12 Il veut savoir si on est prêt. Le coup est demain, ducon, bien sûr qu'on est prêt. Putain, j'voulais pas venir à ce dîner. Lui il nous regarde, là, comme si on était des clochards, avec sa raie bien coiffée, ses lentilles de contact et son putain d'os occipital bien trop avancé qui lui a valu le surnom de "grosse tête". Littéralement, ouais. Mais en vrai, c'est pas une lumière. Ok, il nous a dégoté ce coup. Mais même. Même un con a des idées. C'est pas pour ça qu'elles sont brillantes.

H-16 Elle s'est libérée cet aprèm. Juste pour moi. J'lui ai dit qu'on tentait quelque chose, demain. Elle m'a demandé si c'était risqué. Bah, un peu quoi. On va pas faire nos courses comme les autres. Elle a peur. Je sais, c'est toujours comme ça. Moi aussi, j'ai peur, j'ai envie de la revoir demain, et après-demain, et tous les autres jours de ma vie. J'ai encore envie d'embrasser ses lèvres, dans le petit coin feutré de l'entrée, quand on se dit au revoir chaque matin. Là où je l'ai quittée, y a quelques minutes. "Y en a pour combien ?" qu'elle m'a demandé. J'en sais rien. Neuf ou dix millions, j'ai répondu. Elle a souri. Mais dans ses yeux, c'était pas de la joie. C'était plus… J'sais pas trop. De la mélancolie, de la tristesse, et un peu d'admiration aussi je crois. Moi aussi, j'ai souri. J'me suis retourné une dernière fois, et je suis parti.
Re: Topic à histoire
dimanche 25 octobre 2015 18:07:22
J'aime bien ce texte ! Il est bien mené, et dans le style sied le mieux à ce genre de récit : éloquent. Avec en plus les dix mots bien casés, ben je crois que c'est un sans faute ^^
Re: Topic à histoire
lundi 26 octobre 2015 11:29:21
Excellent, merci Milka, je ne crois pas avoir déjà lu un contenu de cette qualité de ta part. J'ai vu que tu avais énormément lu, je pense que ça aide beaucoup, merci de nous en faire profiter :)
Re: Topic à histoire
lundi 26 octobre 2015 11:49:24
Eh bah merci à vous 2 ! Avoir une certaine "contrainte" aide à structurer le texte je trouve, autrement je sais pas toujours comment faire arriver les choses, faire en sorte que le déroulement soit bon, etc.

Bref, du coup si jamais quelqu'un veut participer, je laisse 10 mots par là :

envoûtante - merci - chouette - figure - région - mîme - maintenant - coquillage - ruisseau - rire
Re: Topic à histoire
mardi 27 octobre 2015 15:57:17
Petit écrit sans prétention aucune et en vitesse. Juste une tranche de vie disons.
--

La​ ​journée s'annonce déjà​ ​ensoleillée, et je respire avec plaisir les ​douces ​effluves de poulet grillé​ et de pain frais​ qui​ ​émanent​ ​d​es​ stand​s​ à quelques pas de moi. J'ai toujours aimé l'atmosphère des marchés​ ​de la ​​région​​ provençale, ​et ​particulièrement​ ​maintenant quand on peut encore sentir sur son visage les derniers vestiges de la fraicheur de l'aube,​ ​avant que la​ lourde​ chaleur ne vienne​​ ​anesthésier​ ​la verve des vendeurs et la vitalité des promeneurs.

​Autour de moi se jouent des scènes intemporelles, prisonnières d'un rituel désuet que pourtant personne ne songerait à briser tant la résultante en est envoutante. Quelques personnes déambulent dans les allées, les yeux encore embués de sommeil pour certains. Des enfants torse nu ou en robe virevoltante courent à leurs devants, inondant de leur rire la place du marché. Les clameurs des marchands de fruits, de volailles, de coquillages et de poissons se mêlent à cette partition, chacun décrivant en termes élogieux la fraicheur et la qualité de sa production. Là, c'est un vendeur de bric et de broc qui fait une démonstration d'un quelconque gadget aux quidams, usant pour cela de mimes tellement exagérés qu'ils en deviennent comiques. Ici, des "merci" sont prononcés avec le sourire tandis qu'argent et produits locaux sont échangés dans la bonne humeur.
Témoin immobile de ce spectacle, le clocher de l'église en pierre blanche laisse soudain dix heures s'annoncer. Cela je le sais sonne symboliquement la fin de ma contemplation de ce chouette ballet humain, et je ne peux m'empêcher de ressentir comme chaque semaine un pincement au cœur.

J'assiste alors à une lente mais inexorable métamorphose. Le petit ruisseau d'acheteurs devient peu à peu rivière, les parents rappellent auprès d'eux leur progéniture insouciante à cause de cette foule grandissante, la sueur perle à grosses gouttes sur la figure rougeaude des maraichers sans cesse sollicités. La magie est brisée, et l'église reste silencieuse comme si elle aussi en faisait le deuil.

--
Edit : J'ai un peu triché en mettant "coquillage" et "mime" au pluriel. Et ne suis pas forcement tres content pour le "chouette", qui est un peu perdu en tant que langage familier au milieu de tout le reste. Mais sans dialogue, je voyais pas trop comment le caser (ou en rusant avec l'animal ptet).


Mes dix mots pour qui veut prendre la relève :
abêtissement - allo - aucun - consciencieux - filet - girolles - Norvège - pouce - remarque - volcan

Modifié 2 fois. Dernière modification le 27/10/15 15:59 par SpiralPad.
Re: Topic à histoire
mardi 27 octobre 2015 18:26:24
Ah j'suis content, t'as utilisé "chouette" en tant qu'adjectif :D

Pour le pluriel des mots c'est jamais facile, vu que quand en met 10 on pense pas à les conjuguer, les mettre au pluriel, au féminin, etc. Du coup j'pense que les modifications de ce type restent acceptables, même si, si on peut les éviter, c'est vrai que c'est quand même mieux.

Chouette texte en tout cas, t'arrives à créer une belle ambiance en peu de temps.
Re: Topic à histoire
mardi 27 octobre 2015 18:30:54
Il n'y avait aucun autre bruit dans le salon que celui de la télévision qui racontait encore quelque ineptie à sa mère, vautrée dans son canapé dans un état d'abêtissement profond. Elle n'était pas coiffée, son maquillage avait coulé sur ses joues et elle portait encore sa tenue de la veille, un décolleté pas assez rembourré et une mini-jupe par dessus un collant à résille. Un "filet de pute" comme elle disait. Ses talons devaient traîner quelque part dans l'entrée, comme son sac.
La jeune fille se glissa sans bruit dans le couloir puis dans le vestibule. Là, la petite pochette pailleté qui contenait le salaire de sa mère à la main, son frère fouillait, consciencieux. Il savait que la grosse, comme il l'appelait, planquait sa thune pour pas qu'il la pique. Mais c'était inutile, il trouvait toujours. Sa soeur se planta alors derrière lui et le chopa par le col. Il se releva d'un coup mais échappa à la baffe qu'elle s'apprêtait à lui mettre parce que le téléphone sonna.
Leur mère dut décrocher car ils entendirent un "allo" qui ressemblait plus à un croassement qu'à un mot. Profitant du moment d'inattention, le jeune garçon tordit violemment le pouce de sa soeur pour échapper à son emprise et il détala sans demander son reste, un billet à la main. La porte claqua et la jeune fille resta seule.
Sa mère arriva alors et vit le portefeuille ouvert tombé par terre et sa fille à côté. Il n'en fallut pas plus à son cerveau pour faire le lien avec les régulières disparitions d'argent. Elle voulut l'attraper pour lui coller une tarte mais la jeune fille se glissa sous son bras et disparut prestement dans sa chambre. Elle bolqua la porte avec sa chaise et mit son casque avant de monter le volume jusqu'à engloutir les remarques -ou plutôt beuglements- de sa mère derrière les notes de musique de Vivaldi. Le printemps, saison du renouveau. Voilà qui faisait longtemps qu'elle attendait son printemps, celui qui marquerait le début de sa nouvelle vie, loin d'ici, de la sueur et de la saleté qui semblait suinter des murs, loin des regards torves des abrutis qui reluquaient ses formes naissantes, loin des enfants qui avaient des bleus partout sans que personne ne dise rien, loin des ravages de l'alcool et de la pauvreté, loin de sa mère qui faisait le tapin, de ses frères qui volaient, brûlaient des voitures et frappaient des mômes, de ses soeurs qui n'osaient plus sortir de peur de se faire violer à chaque coin de rue. Loin de sa cité grise dans laquelle elle se sentait engluée, comme dans des sables mouvants, incapable d'en sortir, parvenant tout juste à garder la tête en dehors. Loin de cet endroit qui rendait les gens mauvais, qui brisait les vies et les rêves à grands coups de drogue, de taule et de misère.
Elle sentait son volcan intérieur qui bouillait, prêt à exploser dans un geyser brûlant de frustration, de rage et d'incompréhension. Pourquoi une telle injustice ? Pourquoi y avait-il des gens sur Terre qui étaient tellement riches qu'ils n'auraient jamais à se soucier de rien alors qu'il y en avait d'autres qui bossaient comme des fous sans jamais parvenir à aligner plus de trois ronds pour assurer leur avenir et celui de leurs gosses ? Qui décidait où on allait naître, si on allait galérer toute la vie sans jamais parvenir à s'extraire du merdier dans lequel on avait été plongé ? Les bébés qui naissaient dans des draps de soie étaient-ils plus méritants que les autres ?
De grosses larmes se mirent à couler sur ses joues et elle aurait aimé pouvoir dire que c'était parce que la beauté de la musique l'émouvait. Mais ce n'était que de la colère, qui s'échappait peu à peu d'elle. Pour se calmer, elle fit comme toujours, imaginant la vie qu'elle aimerait offrir à ses enfants. Elle aurait aimé qu'ils vivent dans un pays moins égoïste qu'ici, la Norvège par exemple. Les pays scandinaves ont un niveau de vie beaucoup plus élevé que la moyenne et puis vivre loin de tous, entourée par une immensité recouverte de neige, quand on n'avait connu que la chaleur étouffante de l'entassement des villes avait quelque chose de magique. Elle aurait voulu qu'ils aillent à l'école, que leur seule préoccupation soit d'avoir des bonnes notes et de bien réussir. Elle aurait voulu pouvoir leur cuisiner des plats dignes des plus grands restaurants, ceux qui ont des noms au moins aussi savoureux que ce qu'il y a dedans, comme un tournedos rôti sur son lit de girolles et légumes sautés...
Elle aimait les beaux mots, la vraie musique, elle appréciait l'art, le théâtre, la littérature. Elle faisait de son mieux en cours, elle y arrivait bien. Elle avait des rêves, même pas si fous que ça. Elle voulait juste une vie normale... Mais parce qu'elle venait de la cité, cela lui était interdit. Hors d'atteinte, ses rêves étaient pourtant la réalité de millions de gens. S'en rendaient-ils compte ?
Elle chassa de son esprit toutes ces pensées et petit à petit, sa respiration ralentit, son rythme cardiaque s'apaisa. Elle s'était calmée cette fois encore, mais il allait bien y avoir un jour où elle ne pourrait plus contenir sa lave et où elle allait exploser, brûlant tout sur son passage. Elle redoutait ce moment presque autant qu'elle l'attendait. Peut-être que ce serait le commencement de son printemps... Ou de son hiver.


Modifié 1 fois. Dernière modification le 28/10/15 14:33 par Xaïl.
Re: Topic à histoire
mercredi 28 octobre 2015 14:15:54
Merci SpiralPad, je ne te lis pas souvent dans ce registre et je trouve ta prose est agréable.
Concernant tes écarts par rapport aux règles, je crois que tu es celui qui les a le plus respecté donc personne ne trouvera à y redire :p

Sinon Xaïl j'aime beaucoup, et le thème est difficile à manier. Je n'ai pas envie de lever de débat ici, mais de toute façon globalement je pense que tu décris une réalité possible dans notre pays, et que tu le fais bien.

Il nous manque juste ta liste de mot pour les prochains :)
Re: Topic à histoire
mercredi 28 octobre 2015 14:42:10
Merci Roger :)

Et oui oui, bien sûr, le genre et le nombre on a le droit de changer parce que personne n'y pense vraiment quand il donne sa liste de mots.

Et donc, les mots suivants :
Malandrin, malaisément, malséant, maléfice, malavisé, malveillance, malvenu, malentendu, malhabile, malingre.
Re: Topic à histoire
jeudi 12 novembre 2015 22:42:45
Quand s'éveille la nuit et que le jour se meurt
À travers les ultimes griffures du crépuscule,
Quand le pavé reflète dans les tardives heures
Les lumières de la ville qui tristement pullulent,
Mal-pensant se faufile dans les rues le tueur,
Le Malandrin sans foi, sans loi et sans scrupule ;
Malfaisant par nature, il cherche le rêveur
Malavisé qu'on trouvera sans clavicule,
Malheureux se vidant de son sang, de ses pleurs...
Malhabile, ce dernier marche encore et calcule
Malaisément l'homme qui le suit avec l'ardeur
Maladive de celui qui veut les rouges globules.
Malvenu, le tueur perçoit bientôt sa peur ;
Malingre, la proie sait toutes ses chances nulles.
Malveillance et désir nourrissant sa fureur,
Malséant maléfice qui l'entraîne et le brûle,
L'incompris cède enfin à la triste ferveur
Et d'un coup sec il frappe sans autre préambule
Que le cri de détresse, le cri de terreur
Que lui-même a poussé en frappant sans calcul :

"C'est un malentendu, cela n'est pas un crime !
Vous ne comprenez pas que je suis seule victime..."
Re: Topic à histoire
jeudi 12 novembre 2015 23:01:59
Re: Topic à histoire
vendredi 13 novembre 2015 12:01:29
Wah, balèze :o
Re: Topic à histoire
vendredi 13 novembre 2015 12:07:11
Très joli texte en effet !
Un bémol cependant : t'as pas redonné de nouveaux mots :P
Re: Topic à histoire
vendredi 13 novembre 2015 12:27:01
Excellent, léger soucis de rythme qui pourrait rendre le truc encore plus épique, mais j'aime bien le choix de la forme vu la consonnance des mots obligatoires.
Re: Topic à histoire
vendredi 13 novembre 2015 18:02:00
Merci, effectivement il y a certains vers qui font un peu "ouais fallait bien que ça rime" et qui brisent le rythme qu'on s'installe du coup, on voit que j'ai galéré à certains endroits x)

Ah les dix mots ^^

Tomate - Tardigrade - Tolérant - Tonitruant - Téléphone - Tarir - Tesson - Truelle - Tour - Libellule