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L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?

Envoyé par Abrutimaru 
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Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
jeudi 10 septembre 2015 12:40:04
Bonjour, je suis un imbécile heureux :)

( c'était ma contribution )
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
jeudi 10 septembre 2015 13:56:50
Moi je pense qu'il devrait arrêter de se prendre la tête et qu'il devrait commencer à vivre, à essayer d'être heureux.

Plutôt que d'essayer de se trouver des excuses pour ne pas l'être.

Spiral l'a très bien remarqué, ça donne une grosse impression de cercle vicieux :

Plus intelligent que la moyenne -> Incompréhension des autres -> Mise à l'écart -> Solitude -> Pas heureux -> Se poser des questions sur le pourquoi du comment -> Voir/Comprendre des choses que d'autres ne peuvent pas -> Se sentir supérieur/+ intelligent aux autres -> Se dire que le problème vient des autres -> etc...
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
jeudi 10 septembre 2015 14:23:55
( oh et pour ceux qui n'auraient pas compris, quand je dis "je suis un imbécile heureux", je ne parle non pas de mes capacités intellectuelles mais d'un état d'esprit.

Et je n'ai pas envie de participer plus parce qu'un sujet qui commence à parler de "nous les gens intelligents, on ..." ça me fait trop rire pour que je puisse le prendre au sérieux )
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
jeudi 10 septembre 2015 14:54:14
Alors :

- l'usage de la première personne du pluriel vient du "quand on est intelligent". J'aurais pu utiliser la 3ème personne du singulier pour poursuivre, mais ça amenait à des ambiguïtés, des phrases trop lourdes, etc.
De plus, je parle d'une personne perçue avant tout par les autres comme supérieurement intelligente, pas forcément ou pas uniquement par elle-même.

- que les ouvriers et employés ont davantage tendance à fumer, j'y vois une raison très simple : de même qu'ils n'ont pas eu ou n'ont actuellement pas assez de volonté pour faire des études plus longues ou aller plus loin dans la vie, de même qu'ils n'ont pas eu ou n'ont pas assez de volonté pour lutter contre leurs pratiques délétères :)
On peut aussi utiliser la version de "de même qu'ils ont préféré un plaisir immédiat (ne pas se donner à fond, faire autre chose, etc.) à un plus grand plaisir futur (accéder à de hauts métiers), de même qu'ils préfèrent le plaisir immédiat du tabagisme à la considération plus lointaine qu'est leur santé ou leur portefeuille :)

- je reviens sur les inconvénients : le pire est sans doute la croyance selon laquelle lune intelligence supérieure ne peut qu'être infaillible. "T'es très intelligent mais t'as des difficultés scolaires, sociales, existentielles, t'as un comportement destructeur ou autodestructeur ? J'y crois pas, soit t'es con, soit c'est du mytho !"
"Eho, le prétendu génie, j'ai un problème avec mon ordinateur, tu dois être capable de le résoudre, n'est-ce pas ?"
Et à la moindre erreur de compréhension, de raisonnement, etc. faite par un individu plus intelligent, on lui refusera cette qualité...

- personne ou presque n'est exempt de préjugés, et on peut même avoir des préjugés sur notre propre groupe que notre cas contredit pourtant !

- et, je le répète, il est toujours délicat d'être à contre-courant des idées de la plupart des gens.
Un autre argument, c'est le nombre de personnes qui donnent l'air d'être prétentieuses mais n'agissent ainsi qu'artificiellement, pour compenser la dévalorisation subie par les autres. Comme si, à chaque fois que j'entendais un compliment sur une de mes caractéristiques, ça allait compenser une attaque reçue sur le même plan. Peu importe de qui vient ce compliment, en l'occurrence il vient de moi et ça me convient. Comme si ça allait relever une moyenne des avis donnés, comme si ça allait annuler un mouvement dans une direction jugée mauvaise.

De plus, le sentiment d'être au-dessus et par là-même à part nuit aux sentiments philanthrope et d'appartenance commune à la même humanité, etc.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
jeudi 10 septembre 2015 15:17:39
une*

Mais je veux bien croire que quelqu'un qui veut vraiment être heureux peut l'être.
Parmi les dépressifs, combien ont tenté la méditation, l'autosuggestion, le neurofeedback, le dépaysement, une vraie quête, l'adoption d'une spiritualité, la répression des désirs ou le déploiement de toutes ses forces pour en assouvir, le fait de devenir attentif à tous les côtés positifs de chaque chose etc. ?

C'est bien pour ça que j'ai parlé de "frein" et non d'"obstacle" ;)
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
jeudi 10 septembre 2015 15:45:35
Si c'est juste un frein, relâche la pédale, ça ira mieux !
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
jeudi 10 septembre 2015 23:47:27
Citation
Abrutimaru
- que les ouvriers et employés ont davantage tendance à fumer, j'y vois une raison très simple : de même qu'ils n'ont pas eu ou n'ont actuellement pas assez de volonté pour faire des études plus longues ou aller plus loin dans la vie, de même qu'ils n'ont pas eu ou n'ont pas assez de volonté pour lutter contre leurs pratiques délétères :)
On peut aussi utiliser la version de "de même qu'ils ont préféré un plaisir immédiat (ne pas se donner à fond, faire autre chose, etc.) à un plus grand plaisir futur (accéder à de hauts métiers), de même qu'ils préfèrent le plaisir immédiat du tabagisme à la considération plus lointaine qu'est leur santé ou leur portefeuille :)

Je pense plutôt que c'est une question de contexte, d'éducation.
Certaines formation d'ouvriers sont très longues et complexes : le tour de France d'un compagnon du devoir dure de 3 à 5 ans environ.
Dans le domaine de la restauration, les formation sont également assez longues, surtout si tu veux avoir plusieurs cordes à ton arc.
Enfin, je sais que chez Airbus Helicopters, certains rotors sont équilibrés grâce à la peinture, ce qui demande une précision de l'ordre de quelques micron à l'ouvrier qui est en charge de cette tâche. Pour en arriver là, j'imagine qu'il a du se donner à fond.


Citation
Abrutimaru
Et à la moindre erreur de compréhension, de raisonnement, etc. faite par un individu plus intelligent, on lui refusera cette qualité...

Plus tu excelles dans un domaine, moins on te pardonne d'erreur : un sportif de haut niveau qui passe à côté d'une saison pour une raison X ou Y et tout le monde le lâche ou le pointe du doigt (ex : Laure Manaudou). C'est la même chose pour un artiste, imagine Lang Lang qui fait une fausse note durant une représentation.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
vendredi 11 septembre 2015 20:30:18
Citation
Dr.MV
Citation
Abrutimaru
- que les ouvriers et employés ont davantage tendance à fumer, j'y vois une raison très simple : de même qu'ils n'ont pas eu ou n'ont actuellement pas assez de volonté pour faire des études plus longues ou aller plus loin dans la vie, de même qu'ils n'ont pas eu ou n'ont pas assez de volonté pour lutter contre leurs pratiques délétères :)
On peut aussi utiliser la version de "de même qu'ils ont préféré un plaisir immédiat (ne pas se donner à fond, faire autre chose, etc.) à un plus grand plaisir futur (accéder à de hauts métiers), de même qu'ils préfèrent le plaisir immédiat du tabagisme à la considération plus lointaine qu'est leur santé ou leur portefeuille :)

Je pense plutôt que c'est une question de contexte, d'éducation.
Certaines formation d'ouvriers sont très longues et complexes : le tour de France d'un compagnon du devoir dure de 3 à 5 ans environ.
Dans le domaine de la restauration, les formation sont également assez longues, surtout si tu veux avoir plusieurs cordes à ton arc.
Enfin, je sais que chez Airbus Helicopters, certains rotors sont équilibrés grâce à la peinture, ce qui demande une précision de l'ordre de quelques micron à l'ouvrier qui est en charge de cette tâche. Pour en arriver là, j'imagine qu'il a du se donner à fond.
Sauf que les formations pour les métiers placés le plus bas socialement tendent clairement à être moins exigeantes.
En tout cas, on note une forte corrélation entre basse position sociale (de soi, de ses parents, de son milieu) et aversion à l'effort. On peut extrapoler une moindre considération pour des choses jugées plus abstraites et lointaines, etc.

Citation
Dr.MV
Citation
Abrutimaru
Et à la moindre erreur de compréhension, de raisonnement, etc. faite par un individu plus intelligent, on lui refusera cette qualité...

Plus tu excelles dans un domaine, moins on te pardonne d'erreur : un sportif de haut niveau qui passe à côté d'une saison pour une raison X ou Y et tout le monde le lâche ou le pointe du doigt (ex : Laure Manaudou). C'est la même chose pour un artiste, imagine Lang Lang qui fait une fausse note durant une représentation.
Y a aussi une question d'enjeu, et c'est plus "quand le plus grand nombre pense que tu excelles dans un domaine."

Sinon, on voit bien qu'ici, rien que se déclarer plus intelligent que la moyenne crispe.
Un philosophe (de mémoire, Montaigne) a dit qu'en matière d'intellect, il y a parfois plus de différence d'homme à homme que d'homme à bête (/animal).

Et oui SpiralPad, pouvoir apporter quelque chose aux autres est positif, mais c'est parfois prendre le risque de jeter des perles aux pourceaux : => revoir tous les inconvénients que j'ai cités, auxquels j'ajoute (c'est toujours plus explicite qu'un "etc.") la possibilité de paraître, par nos conclusions ou considérations, puristes ou snobs.

Et donc, vu qu'il me semble de rendre davantage explicite mon propos, je voulais dire que même si notre intellect peut nous amener à des conclusions auxquelles on aurait préféré ne pas accéder, on peut les ignorer par ce processus prodigieux qu'est la dissonance cognitive.

Enfin :
- se savoir plus intelligent que les autres peut nous permettre d'une part de mieux évaluer nos chances de réussites lorsqu'on entreprend quelque chose, d'autre part de mieux comprendre le monde : car le risque est
la réflectivité de soi : pourquoi des gens agiraient-ils différemment de moi ou de comment j'aurais agi ? Souvent parce qu'ils ne sont pas aussi intelligents que moi, en fait.
D'où en revanche l'éventuelle douleur de savoir que l'humanité n'est pas à notre mesure...

- je pense que le besoin humain d'avoir les mêmes impressions qu'autrui est représentable par ces deux exemples : "il fait froid" et "le metal, c'est de la merde". La première phrase n'apporte rien de constructif, s'il fait -20° les individus auxquels on le dit sont aussi touchés par le froid, mais elle vient de la nécessité ressentie de partager sa sensation. La deuxième n'est pas constructive non plus puisque "des goûts et des couleurs, on ne peut discuter", et elle vient de l'hostilité envers cette différence de sensation : pourquoi quelqu'un qui est de la même espèce, avec la même "architecture" donc, dans des conditions apparemment à peu près similaires, ressentirait autre chose que moi ?
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
vendredi 11 septembre 2015 22:48:01
Citation
Abrutimaru
Sauf que les formations pour les métiers placés le plus bas socialement tendent clairement à être moins exigeantes.
En tout cas, on note une forte corrélation entre basse position sociale (de soi, de ses parents, de son milieu) et aversion à l'effort. On peut extrapoler une moindre considération pour des choses jugées plus abstraites et lointaines, etc.

Mais pourquoi la société juge moins valorisante un métier non intellectuel? Pourtant, sans métiers manuels, il ne restera que des belles idées et théories.
Alors certes un maçon n'est probablement pas capable de parler pendant des heures des dernières théories sur le trading haute fréquence, mais je ne pense pas qu'il ait une aversion à l'effort (du moins physique).
Et si on pousse un peu la réflexion, on peut dire que celui qui réfléchit longuement avant d'entreprendre a lui aussi une aversion à l'effort, car il ne veut pas se dépenser inutilement.
En réalité, les gens "intelligents" ont bien de la chance d'avoir des gens moins intelligents pour faire les tâches les plus ingrates, et pour pas cher en plus.

Citation
Abrutimaru
Y a aussi une question d'enjeu, et c'est plus "quand le plus grand nombre pense que tu excelles dans un domaine."

Le juge de paix c'est le "test", où ce qui te permet de juger.
Tu peux faire péter le kikimètre sur n'importe quel test, mais que vas-tu en faire dans ta vie?

Citation
Abrutimaru
Sinon, on voit bien qu'ici, rien que se déclarer plus intelligent que la moyenne crispe.

Non, ce qui crispe c'est de dire que ça rend supérieur aux autres. SpiralPad a bien résumé l'idée.

Le reste mérité également réponse, mais là je suis vriament trop à la bourre :|
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
lundi 14 septembre 2015 13:06:14
Alors,

Si, on note que :
- les basses classes sociales ont un rapport au temps différent : elles cherchent davantage à le faire passer qu'à l'utiliser
- nos nouvelles actions reposent sur un calcul coût-bénéfices, et plus on est positionné bas socialement, plus le coût tendra à être jugé rédhibitoire, ce qui nous rend bien moins entreprenant
On a également tout à fait le droit de présumer que les basses classes sociales s'estiment plus souvent incapables de parvenir à ci ou à ça, ou tout simplement moins capables, ce qui aide très bien à expliquer la chose.

Citation
Dr.MV
Citation
Abrutimaru
Sinon, on voit bien qu'ici, rien que se déclarer plus intelligent que la moyenne crispe.

Non, ce qui crispe c'est de dire que ça rend supérieur aux autres. SpiralPad a bien résumé l'idée.
Citation
Original Sin
Et je n'ai pas envie de participer plus parce qu'un sujet qui commence à parler de "nous les gens intelligents, on ..." ça me fait trop rire pour que je puisse le prendre au sérieux )
Citation
SpiralPad
Personnellement, j'ai la faiblesse de me croire plus intelligent que la moyenne

Et le fait que les gens intelligents ont des avis plus subtils, parfois trop subtils, relève presque de la tautologie.
Qui plus est, bien sûr qu'il arrive que l'intelligence permette de saisir, de voir de poursuivre des choses tandis que d'autres n'y arrivent pas.
Exemple : même en ayant un niveau d'allemand lamentable, je réussissais à comprendre les textes par le raisonnement (bien que ce ne soit pas extraordinaire) là où d'autres, maîtrisant mieux cette langue mais moins intelligents, butaient. J'ai plein d'autres exemples en tête.

Le reste est HS, ou j'y ai déjà répondu.

Et j'ajoute que même les gens intelligents peuvent avoir les préjugés envers d'autres de niveau intellectuel de niveau intellectuel à peu près similaire ou supérieur, et qu'il y aussi, à l'encontre de sa propre personne, des préjugés intériorisés.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
lundi 14 septembre 2015 13:25:25
Je n'ai pas compris le message derrière ta triple citation, notamment ce que je viens faire là-dedans.
Juste pour éclaircir : oui, je me considère comme plus intelligent que la moyenne (ayant eu je pense un aperçu suffisante de la société pour émettre cet avis, ca serait de la fausse modestie que d'affirmer le contraire), mais non, je ne me reconnais pas dans le "nous" de tes écrits. J'sais pas si c'était le point qui manquait ou si c'était dans une autre visée.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
lundi 14 septembre 2015 13:29:42
Le Doc a affirmé que ce n'est pas s'estimer plus intelligent qui crispe mais penser que cela fait de soi un être supérieur aux autres, alors je montre que tu as pourtant qualifié la première idée de faiblesse, et que donc on peut supposer que ça crispe quand même, tout simplement.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
lundi 14 septembre 2015 13:35:59
Ah ok, merci pour l'explication.
C'est un peu inintéressant donc j'vais pas m'appesantir dessus, mais non ca ne me crispe pas plus que cela de m'affirmer plus intelligent que la moyenne.
Après la tournure de phrase utilisée pouvait le laisser penser, j'en conviens.

Je réfléchirai sur le reste un peu plus tard, ca semble intéressant, mais guère le temps ces jours-ci.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
lundi 14 septembre 2015 19:48:25
Par contre abrutimaru, mon commentaire ne traduisait pas une crispation quant au fait de se considérer soi même comme intelligent. Après tout, même si je ne me considère pas dans le top du forum, même moi me considère comme largement avantagé sur ce point par rapport à la moyenne de la plèbe mondiale.

Ce qui me rebute en revanche dans ce "nous" inclusif, c'est le fait d'uniformiser les conséquences d'une intelligence supérieure à la moyenne en faisant fi des multiples formes d'intelligence et de la personnalité des gens.

Je pense même au contraire que plus l'intelligence est élevée, plus les divergences comportementales entre individus sont nombreuses parce qu'ils ont beaucoup plus de pistes de réflexion, beaucoup plus de possibilités, et même simplement beaucoup plus de manifestations différentes de cette intelligence qu'il n'y a de manifestations de la bêtise.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mardi 15 septembre 2015 11:42:40
C'est peut-être que JE me suis dit intelligent qui crispe.
Et le fait qu'il y ait plusieurs manifestations de l'intelligence ne change pas vraiment les aptitudes que j'ai citées comme découlant de l'intelligence (ce pourquoi je les ai qualifiées de limite tautologique), et encore moins les préjugés, la volonté de concurrencer, de rabaisser, etc. du plus grand nombre.
Enfin, je te prierai de mettre une majuscule à mon pseudo.


J'ai encore trouvé d'autres explications pour la plus grande pratique du tabagisme des basses classes sociales : elles ont une attitude différente face aux attentes sociales ou aux objectifs de vie du plus grand nombre, ou bien elles en subissent moins l'influence, tout simplement.
Maintenant, je pense avoir parfaitement expliqué la chose.

Et j'ajoute comme choses qu'une personne intelligente n'est pas censée pouvoir faire le fait de rire à des blagues puériles ou prévisibles (alors que même si le rire naît de la surprise, une blague trop prévisible peut en devenir inattendue), écouter des chansons aux paroles plates ou niaises (alors que la mélodie se suffit à elle-même), etc.

Et paradoxalement, c'est en étant intelligent qu'on connaît la manière de répondre à un sujet et donc qu'on est plus enclins à faire son Captain Obvious (mais pas obvious pour tout le monde donc), et à savoir qu'on confronte à des idées très sommaires des idées très travaillées, et que rien ne garantit le triomphe de ces dernières dans l'esprit des contradicteurs ou des autres. Ce qui frustre ou lasse.

D'ailleurs, par un raisonnement très simple, je pense qu'une grande intelligence favorise une bonne mémoire : le cerveau distingue ou regroupe automatiquement et précisément les notions par différences ou similitudes. Si on peut parvenir à corroborer ça par l'expérience, alors c'est sans doute que j'avais raison en parlant de tri automatique cérébral, qui ne concerne donc pas directement la capacité de réflexion mais lui est fortement corrélée.

Et ce qui est derrière la stigmatisation des gens jugés supérieurement intelligents, c'est peut-être la croyance absurde que si quelque chose n'est pas souhaitable (être jugé con ou l'être tout simplement), alors plus on s'écarte de cet état, plus on doit s'estimer heureux.
Tout comme un mec qui posterait "Doté d'un sexe de 28 cm, ma vie est un enfer" sur Doctissimo passerait pour un troll.

Enfin, si être d'une intelligence supérieure relève d'un fonctionnement cognitif différent, et que Leibniz par exemple était absolument sûr de ses théorèmes non démontrés, il est possible qu'un prodige doive systématiquement essayer de "traduire" sa pensée pour être compris.
Qu'il pense dans une autre langage, en quelque sorte.
Je ne sais pas, je ne suis pas un génie.

Bref, dans tous les cas être le surdoué de la classe, le plus jeune, celui qui a les meilleurs résultats/est le plus estimé des profs/a le plus haut ratio résultats sur heures de travail/tout autre signe que la masse relie à l'intelligence, être celui qui est présenté comme un génie devant ses collègues, celui qui arrive à tout mieux que les autres, etc. pour ne citer qu'une infime partie des situations, c'est pas forcément facile.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mardi 15 septembre 2015 14:23:14
@abrutimarU, je referais bien un nouveau post, mais pour répondre à ce que tu viens d'écrire, il suffit de suivre ce lien
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mardi 15 septembre 2015 22:38:15
Abrutimaru, je pense qu'on a à peu près compris ton exposé et ton point de vue. C'est effectivement bien de restreindre le sujet, dans un premier temps, pour tenter de répondre à tes constipations narcissiques (c'est peut-être un peu fort, désolée), et j'espère qu'on a pu t'apporter des informations, ou au moins des témoignages. J'en doute un peu cependant, quand je constate que tu es campé sur tes opinions (voulues logiques et rationnelles, puisque non entièrement réfutables) depuis le début : il suffit de voir que tu fais souvent référence à tes messages précédents, un peu comme si on n'avait décidément rien compris, alors que justement on essaie d'élargir ton point de vue, d'en saisir d'autres implications... et voilà que tu reviens avec tes considérations sur le tabagisme (qui n'a rien à voir avec l'intelligence brute) et tes inflexions hautaines envers le message d'Ori (que j'ai trouvé plutôt pertinent).

De manière générale, je trouve que ça traduit un rapport au concept de forum un peu erroné (mais c'est un autre débat, Roger à quand le topic ?).

Enfin, pour revenir sur ce que tu viens de dire, je trouve ce passage fondamentalement choquant
Citation
Abrutimaru
Et j'ajoute comme choses qu'une personne intelligente n'est pas censée pouvoir faire le fait de rire à des blagues puériles ou prévisibles (alors que même si le rire naît de la surprise, une blague trop prévisible peut en devenir inattendue), écouter des chansons aux paroles plates ou niaises (alors que la mélodie se suffit à elle-même), etc.

Bon pour les chansons je suis assez d'accord (quoi qu'une écoute ironique ou analytique soit tout à fait envisageable), et j'irais même plus loin en disant que pour quelqu'un qui a une intelligence musicale (on parle bien de génie musical) c'est encore plus inaudible et grossier. En revanche, le puéril, le prévisible, c'est joussif justement parce qu'on s'y attend, que ça relève d'un rituel, d'une manière plaisante de s'écarter un moment de la sophistication des idées, et, quelque part, de se retrouver à nouveau comme le gamin dans la cour de récréation qui rigole en disant "la maîtresse elle a pété".
Ce qui prouve que ce n'est pas tant le sujet qui est réélateur de l'intelligence, mais plutôt la manière qu'a chacun de l'aborder. Et, à nouveau, les sensibilités diffèrent et ce n'est pas parce qu'une personne très intelligente n'apprécie pas ce genre d'humour ou de musique que toutes les personnes très intelligentes le vivent comme celà aussi. Cf. Le message de monsieur Ori, comme quoi moi aussi je tourne en rond.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mardi 15 septembre 2015 22:46:53
En revanche, c'est intéressant de réfléchir sur la marginalité. Parce que quelque part, c'est cela ta préoccupation, non ? La marginalisation que provoque l'intelligence n'est pas si différente de la marginalisation (et de la stigmatisation) qu'entraîne toute déviance par rapport à la norme. Parce qu'effectivement, être intelligent (et surtout très intelligent) fait suffisamment sortir une personne de la norme pour que sa particularité l'isole, ce dont tu souffres peut-être Abrutimaru.
Un petit site qui parle assez bien de cette notion
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mercredi 16 septembre 2015 09:11:44
Moi aussi j'avais un peu tiqué au paragraphe sur les chansons et l'humour (tout comme le "Maintenant, je pense avoir parfaitement expliqué la chose." concernant le tabagisme, mais passons).

Je plussoie mon poto Slather sur ce coup, l'humour est propre à chacun et je trouve compliqué de tirer des généralités selon l'intelligence. Je suppose (par pur procédé empirique) que les personnes "intelligentes" préfèrent l'humour d'un Desproges que d'un Bigard typiquement. Mais ça n'empêche pas du tout d'apprécier un humour plus puéril en effet, car il ne fait pas appel aux mêmes mécanismes.
Pour moi, affirmer qu'une personne intelligente ne peut ou ne doit pas rire à des blagues puériles, c'est occulter tous les goûts personnels qui font de chacun de nous quelqu'un d'unique. C'est à mon sens aussi pertinent de dire qu'une personne intelligente devrait se contenter de jouer aux échecs (jeu cérébral par excellence) et ne jamais s'abaisser à faire une partie d'Uno ou de trouduc (jeux les plus cons du monde à mon humble avis :D).

Ah sinon, c'est lié à la conversation actuelle mais un peu HS avec le topic en soi, mais on se demandait par MP avec Philippe (ouais je l'embarque là-dedans sans vergogne) si l'humour n'était pas indissociable de l'intelligence justement.
On dit souvent que les plus grands génies étaient doués d'un humour prononcé (après j'ai pas fait des stats là-dessus). Mais je pense sincèrement qu'être doué d'une grande intelligence augmente le potentiel humoristique.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mercredi 16 septembre 2015 10:15:00
J'aurais préféré que tu balances sur ma piscine à cochons. Nous n'avons pas les mêmes valeurs.

(Et si Maru est une bille en allemand, il n'a qu'à écouter des chansons dans cette langue, la vacuité des paroles lui échappera et il pourra chanter un yaourt original en imaginant qu'il récite du Goethe.
Und ich frag'mich, warum ?)
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mercredi 16 septembre 2015 10:21:02
(I muss durch den Monsum, hinter die Welt, ans Ende der Zeit bis kein Regen mehr fällt).
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mercredi 16 septembre 2015 10:22:45
Arbeit Macht Frei
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mercredi 16 septembre 2015 10:33:08
Sauf que ce que j'ai dit, c'est au contraire que le plus grand nombre refuse aux gens intelligents la capacité de prendre plaisir de choses jugées ineptes (alors que c'est possible et c'est ce que je dis, relisez entre les parenthèses), ce pourquoi j'ai mis ça dans les inconvénients sociaux d'être perçu comme particulièrement intelligent o_o


Et je pense effectivement que toutes choses égales par ailleurs un individu intelligent sera plus drôle : par sa plus grande capacité à mettre en relation des choses (par exemple en jouant sur les ambiguïtés/confusions -comme jouer sur les différents sens d'un quelconque groupe de mots- mais aussi parce que comme dit précédemment le rire naît de la surprise, et user de la subtilité y répond donc bien. Si je dois inventer un exemple, je dirais qu'à un quidam repoussant qui m'annonce qu'il a trouvé une copine, je dirais "Ah ouais ? Et même qu'elle a une canne et un chien ? :) " pour sous-entendre plus ou moins subtilement qu'elle est aveugle tant il est moche. Je ne sais pas si c'est très drôle mais je pense que vous saisissez.

Mais par chance, l'humour se travaille.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mercredi 16 septembre 2015 10:42:26
J'ai du mal à comprendre du coup.

C'est donc "la masse", la fameuse, qui reprocheraient aux gens intelligents d'écouter des choses ineptes. Choses ineptes qu'elle-même écoute si je suis bien c'est ça ? Ca me parait bizarre justement de conspuer quelqu'un parce qu'il partage nos goûts, et de juger qu'il est trop bien pour ces choses justement.
J'ai raté un truc ?

Ou alors ce sont les autres personnes intelligentes qui reprochent à quelqu'un d'intelligent d'écouter des trucs bas de plafond ou de rire à telle ou telle blague ? Auquel cas, c'est carrément hypocrite, ça signifierait que toutes ces personnes n'aiment que les choses élitistes, alors qu'elles sont censées être dans le même cas.

Fin y a un truc qui m'échappe je pense, je trouve pas ce comportement social logique, et ne pense jamais l'avoir éprouvé (des deux côtés de la barrière).
Si tu as envie d'écouter du Patrick Sébastien, écoute du Patrick Sébastien bordel, et te mets pas tant de pression vis-à-vis du regard des autres.
Re: L'intelligence est-elle un frein au bonheur ?
mercredi 16 septembre 2015 11:38:45
Toi qui aimes tant la clarté Abru, conviens que ce passage n'était pas si évident sans mettre les points sur les i (la preuve d'autres s'y sont trompés).
Et je ne suis pas d'accord non plus, ou du moins c'est quelque chose que je n'ai absolument jamais perçu. Au contraire, même si certains peuvent juger démago d'avoir des goûts populaires, je pense que ça rapproche et comble certaines disparités, au moins de culture...