Pourquoi une discrimination/un cliché est blâmable même si on présume une différence

Envoyé par Abrutimaru 
J'ai décidé de répondre à caro de manière réfléchie pour montrer l'exemple.
Donc j'ai souvent entendu, lu ou compris qu'une différence présumée légitimait une discrimination ; je vais donc m'attacher à réfuter cette idée :

Déjà, il y a les discriminations qui ne reposent sur rien. Comment un enfant adopté aurait-il subi l'influence de ses origines, par l'exemple ?

Ensuite, il y a effectivement des discriminations reposant sur des corrélations et même des corrélations statistiquement significatives. MAIS :
- ces différences sont des différences de degré
- ces différences sont de fréquence de degrés : elles ne se vérifient pas généralement pour chaque individu mais apparaît comme tendance de la moyenne d'un groupe
- ce groupe est parfois difficile à définir : par exemple dans le racialisme, à savoir un racisme prétendument scientifique, est obligé de concéder le flou quant aux subdivisions proposées
- ces différences ne sont pas immuables : on peut y remédier, les compenser, etc.

Ensuite, on exigera tout simplement le droit au bénéfice du doute, quelle contrainte concrète peut-elle suspendre notre jugement ? Pourquoi ne pas essayer de déterminer nous-même si un individu correspond à telle caractéristique ou non, plutôt que d'être dans la présomption ? De plus, c'est nier la liberté humaine, celle d'échapper aux déterminismes, et nier l'ipséité : ce qui fait que chaque être humain est unique.

Vous aurez sans doute remarqué que la thématique concerne en partie les discriminations dans le monde du travail : et je peux ajouter un argument marxien (/marxiste, m'enfin) : les prolétaires ont bien plus besoin de louer leur force de travail pour survivre que les patrons, ces derniers pouvant bien davantage se permettre d'attendre ou se tromper, notamment grâce à leur accumulation de capital et leur mainmise sur les moyens de production.

De toute façon, les discriminations ont souvent des causes encore plus répugnantes :
- nos jugements sont guidés par notre volonté d'être supérieur. Parce qu'être supérieur, ça donne une confiance en soi et un sentiment de satisfaction inégalables. Même celui qui affirme détester la compétition, même celui qui pense que tout le monde peut être heureux, même celui qui pense qu'un "handicap" peut amener à réaliser des choses qu'on n'aurait pas faites autrement, se verrait ravi de savoir qu'il est dans les 5% plus beaux et intelligents de la population.
Du coup, tous les énoncés "ceux qui mesurent moins d'1m80 ne sont pas des hommes", ceux qui ont de moindres notes sont moins intelligents" sont aussi ridicules que relevant d'une profonde conviction de ceux qui les disent, qui veulent s'autopersuader et persuader un maximum de gens.
C'est une sorte de biais d'autocomplaisance surpuissant, universel ou presque, omniprésent. Mais dans une société avec peu de valeurs sur lesquelles se reposer, promouvant la compétition, ce biais fait florès

- une discrimination peut être paradoxalement inventée pour se donner bonne conscience : "les obèses le sont de leur propre faute", "les clochards de même". c'est là aussi un constat très actuel et relatif à notre société.

- une discrimination peut être interprétée par son auteur comme une vengeance globale à défaut d'une vengeance individuelle. C'est comme si, un automobiliste ayant fait une infraction, ne pouvant le retrouver, on mettait une amende à tous les automobilistes. Et comme je le disais contre la peine de mort : "il vaut mieux ne punir personne que 99 criminels et un seul innocent. C'est à chacun de nous de trouver lui la force d'éviter de nuire au moindre individu blanc comme neige"

- discriminer pour se rapprocher d'autres personnes ou groupes. Prôner l'union sacrée contre un bouc émissaire. C'est ce qui est arrivé au peuple juif, car les peuples en tension les uns avec les autres ont désigné un ennemi commun pour fermer les yeux sur leurs différends.

- discriminer par un défaut de faculté de juger. Se cantonner à ses certitudes, surtout si ces certitudes viennent en réalité d'un tiers, c'est reposant.

Je pense que tout ce que j'ai dit ne déroge en rien à la raison et à la morale.
Discriminer c'est choisir. Je revendique le droit de discriminer selon les critères de mon choix en vertu de ma liberté de conscience, que je place loin au dessus des lois :)
Ce que dit Abru est vrai, ce que dit Ori l'est aussi.
En dehors de tout ce qui peut être dit et fait sur la discrimination, elle fait partie inhérente de notre vie, comme le fait de mettre les gens dans des cases, comme le fait de devoir appartenir aux #painauchocolatvschocolatine (ou inversement)

Sans la discrimination, il n'y aurait pas de racisme, pas d'humour noir, pas de blagues sexistes. On pourrait même dire que ceci fait partie de notre culture, et je suis fier d'avoir cette culture.

Mais sinon, dis moi, à traiter cette personne d'être abject et idiot, ne ferais-tu pas preuve de discrimination ? Mais sinon, dis moi, à ne pas accepter le fait qu'il te discrimine, ne rejèterais-tu pas ses droits ? Mais sinon, dis-moi, à te plaindre ici ainsi alors que notre compère ne poste plus rien publiquement, ne le considérerais-tu pas comme une personne sans intérêt ?

Mais alors, dis moi, ne serais-ce pas toi celui faisant le plus preuve de discrimination et d'abjection ?
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