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Le coin lecture

Envoyé par Kaiju_Steeve 
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Re: Le coin lecture
mardi 3 février 2015 11:30:40
Bah j'aime bien le style de Damasio - je développerai la prochaine fois - mais le fait que ses deux bouquins semblent être de styles différents (SF et fantasy) m'intriguait. Car on peut être un très bon auteur de SF et être nul quand il s'agit de fantasy par exemple, ne pas savoir s'approprier les codes du genre, etc.
En l'occurrence, j'ai noté que Syca, Ori et toi l'aviez classé dans votre top bouquins, donc ça m'encourage plutôt à le lire. Le résumé me fait beaucoup penser au Meilleur des mondes d'Huxley, que j'aime beaucoup certes, mais j’espère que ça ne fait pas trop redite.
Re: Le coin lecture
mardi 3 février 2015 18:15:36
J'adore la fantasy, j'ai beaucoup plus de mal avec la SF.
La SF qui passe pour moi c'est La Nuit des Temps, Foundation, Dunes, H2G2,... Ca ne va pas chercher beaucoup plus loin.
Re: Le coin lecture
mardi 3 février 2015 18:16:22
J'ai raté ma conclusion : "mais la Volte m'a enchanté, bien que je sois sur un genre que j'apprécie en général moyennement".
Re: Le coin lecture
jeudi 5 février 2015 09:56:43
J'vais surement essayer alors Roger, ne serait-ce que parce que je suis curieux de ce que ça peut donner, et pour voir si La Horde du Contrevent était une confirmation de son talent ou juste une sorte de "one shot".

Moui, du coup j'ai fini hier d'une traite La Horde du Contrevent, et j'suis bien content de m’être laissé tenter par vos impressions plus que positives sur ce roman, preuve que vous n'avez pas que des goûts de merde.
Pour les deux au fond qui connaîtraient donc pas l'histoire, petit résumé made in Wikipedia :

"Ils sont vingt-trois, forment la trente-quatrième Horde du Contrevent et ont entre vingt-sept et quarante-trois ans. Dans un monde balayé par les vents, ils ont été formés depuis l'enfance dans un seul but : parcourir le monde, d'ouest en est, de l'Aval vers l'Amont, à contre-courant face au vent, à travers la plaine, l'eau et les pics glacés, pour atteindre le mythique Extrême-Amont, la source de tous les vents.
Tous différents mais tous unis, ils forment une horde autonome et solidaire, qui avance dans un seul objectif, luttant constamment contre le vent. Profitant du savoir et de l'expérience de huit siècles d'échecs, on la dit la meilleure et l'ultime Horde, celle qui atteindra enfin l’Extrême-Amont."


La grande force du roman est avant tout le style de l'auteur. Il a pris le pari risqué de raconter les événements par les 23 membres de la Horde. Par conséquent, il a du jongler avec 23 styles différents d’écriture. En pratique, ce sont souvent les 4 ou 5 mêmes personnages qui narreront la majorité de l'aventure, mais c'est déjà un beau challenge, et surtout ça permet une empathie accrue et une personnalité renforcée pour chaque membre.

C'est pas forcement une lecture facile, dans le sens ou il faut un certain temps pour s'habituer à cette mécanique, à apprivoiser chaque personnage. De plus, Damasio n’hésite pas à faire recours à des néologismes, à partir dans de la métaphysique, voire même de la philosophie à certains moments pour décrire les différentes formes de vent.

J'ai vraiment bien aimé le bouquin, même s'il n'est pas totalement exempt de défauts selon moi. Ainsi la fin, bien qu'absolument épique, peut apparaître un poil confuse et attendue (ça m'a un peu fait penser au superbe cycle de La Tour sombre de Stephen King pour ceux qui l'ont lu). Le principal reproche que je ferais, c'est que... le livre est trop court ! On a envie d'en savoir davantage sur ces personnages, et quelques grosses ellipses viennent briser un peu cela. Ainsi, j'ai trouvé que cela mettait pas mal de temps à démarrer (ce qui n'est pas forcement un défaut hein), mais qu'à certains moments, pouf, on était tout d'un coup 2 ans plus tard, avec plein d’événements passés sous silence qu'on aurait aimé connaitre. Cette dissymétrie temporelle dans la narration m'a un peu frustré j'avoue.

Heureusement, c'est aisément compensé. Par le style virevoltant de l'auteur tout d'abord, par ses personnages qu'il a réussi à construire et qui semblent être plus que de l'encre et du papier, et aussi par sa force de narration. Ce bouquin regorge de passages dantesques et jouissifs : tout d'abord le début in medias res durant lequel on se retrouve sans aucune forme d'explication en plein contre d'un vent violent au milieu de la Horde, puis le combat contre le Poursuiveur, la traversée de la flaque de Laspane, et surtout cette sublime joute orale ou Damasio se révèle, un peu à la manière de Queneau ou Pérec, un véritable magicien de la langue française.

Bon, ça fait un long pavé pour ce bouquin, et je me rends compte qu'au final, je n'ai peut-être pas assez fait ressentir le sentiment d'exaltation qu'il a fait passer en moi. Malgré ses défauts mineurs, c'est un roman de fantasy qui marque le lecteur au fer rouge, et qui réussit l'exploit au final assez rare de le transporter corps et âme dans un univers qu'on souhaiterait ne plus quitter.
Re: Le coin lecture
jeudi 5 février 2015 10:31:47
Et bien ça donne envie tout ça...
Merci pour le retour détaillé en tout cas !

Dommage, j'ai prêté mon livre à un type, j'me rappelle même plus qui, si j'avais su je l'aurais lu avant !
Re: Le coin lecture
jeudi 5 février 2015 14:49:48
Je ne suis donc pas le seul avoir lâché un petit WTF à la fin de La Tour sombre ...
Re: Le coin lecture
jeudi 5 février 2015 14:52:57
J'espère que ca t'a piqué à vif :)
Re: Le coin lecture
jeudi 5 février 2015 14:56:40
A mon avis, Stephen King a un peu bâclé la fin de La Tour sombre (j'vais essayer de pas spoiler).
En tout cas, les tomes 6 et 7 m'ont vraiment donné une impression de moins bien, un peu écrits à la va-vite. Apres, je conçois que boucler un cycle de 4000 pages environ n'est pas forcement facile, et la fin qu'il a choisie pour son pistolero a le mérite d’être relativement ouverte et de faire un peu réfléchir sur la notion de sacrifice et de destin. En revanche, le tout dernier chapitre en forme de happy end était clairement de trop selon moi.

Mais je crois que j'avais lu que King avait pas mal flippé suite à son accident (il s'est fait renverser par une bagnole) et avait réalisé à quel point la vie peut être fragile. Et il avait voulu finir la saga au plus vite justement pour ne pas laisser une oeuvre inachevée à ses fans au cas ou il lui arrive un malheur.
J'sais plus ou j'ai lu ça, possiblement dans Ecriture, son autobiographie qui tient aussi beaucoup de l'essai, et qui est considéré comme un chef-d'oeuvre concernant la vision du travail d’écrivain.
Re: Le coin lecture
lundi 16 février 2015 10:32:08
Suite aux conseils avisés de Spiral, j'ai terminé de lire il y a quelques jours Le Grand Nulle Part de James Ellroy.

Résumé made in Wikipédia:
Jour de l'an 1950. Les États-Unis sont alors en plein maccarthysme. Un procureur ambitieux, Ellis Loew, décide d'enquêter sur une union syndicale dans le milieu du cinéma qu'il considère d'obédience marxiste. Deux enquêteurs que tout oppose sont chargés de cette délicate enquête politique : Malcolm Considine, policier-juriste, redoutable interrogateur, malheureux dans son couple et Dudley Smith, figure légendaire du LAPD, connu de tous pour sa violence, son racisme et son intelligence diabolique. Leurs caractères les opposent mais leurs ambitions les lient. Ils sont aidés dans leur traque par Buzz Meeks, ancien flic qui loue maintenant ses services au plus offrant allant de Howard Hughes, le magnat amateur de starlettes, à Mickey Cohen baron de la pègre locale, toujours sous le regard accommodant du procureur Loew.

Dans le même temps, plusieurs homicides sont perpétrés sur le territoire de la ville et celui du Comté de Los Angeles. Ces meurtres d'une répugnante brutalité tant dans les actes que dans la mise en scène (avec une très forte connotation sexuelle) vont devenir l'obsession d'un jeune enquêteur du LASD, Danny Upshaw, à la personnalité trouble. Les enquêtes vont bientôt se chevaucher de même que les destins et les univers des protagonistes.

Je l'ai "apprécié" en trois phases:
1. La présentation des personnages, la découverte des premiers meurtres, le début de l'enquête.
Je suis vraiment rentré dans ce roman, captivé par les spécificités des protagonistes, par l'ambiance prohibition-années 50-jazz-viols, tout ce que j'aime.
2. L'enquête qui se recentre sur "la chasse aux rouges", là j'avoue que je me suis un peu ennuyé, la multiplication des témoins, les ramifications tentaculaires qui font facilement perdre le fil. Mais après coup, une partie tellement nécessaire.
3. Les trois "héros" qui font équipe, les enquêtes qui se rejoignent, et ce final en apothéose qui balaye d'un seul coup les petites longueurs du milieu de roman.

Bref, une magnifique découverte, merci à toi Nicole pour la découverte !
Re: Le coin lecture
lundi 16 février 2015 10:51:46
Ravi que ça t'ait plu.
Je ne peux que te conseiller L.A. Confidential (qui fut superbement adapté en film, avec toutefois quelques différences avec le roman) et qui s'inscrit directement dans la suite du Grand Nulle Part.
Pis surtout, surtout la trilogie Underworld USA, dans laquelle Ellroy mêle avec une maestria incroyable Histoire et personnages réels (Luther King, Edgar Hoover, Howard Hugues) avec des personnages fictifs, encore ici au nombre de trois, dont les destins se croisent dans une spirale de noirceur. Je crois que je n'ai jamais lu quelque chose d'aussi puissant en termes de livre noir.

Comme tu l'as dit, l’écriture d'Ellroy est tentaculaire (le mot est très bien choisi, t'as droit à un bon point) et complexe. Son style est paradoxalement relativement simple, avec beaucoup de phrases courtes, mais le lecteur n'est jamais pris par la main. Y a pas mal de non-dits, de choses à comprendre soi-même concernant les tenants et aboutissants de la trame scénaristique. C'est donc dur de s'y plonger, cela demande parfois quelques connaissances externes sur les années 50 à 70 aux USA (chasse aux sorcières, droits des Noirs, guerre du Viet Nam, la pègre, les syndicats), mais une fois qu'on est happés, on en ressort difficilement indemne.
Re: Le coin lecture
lundi 16 février 2015 11:10:53
Et je le trouve assez drôle également, c'est vraiment un mélange de style, t'as l'impression que le mec est bon dans tous les domaines.

Je (re)note toutes les bonnes idées ! Tiens j'ai commencé Mémoires de porc-épic dans la foulée, ça a l'air sympa.
Re: Le coin lecture
jeudi 19 février 2015 17:51:52
Bon, j'ai lu.
J'ai fini un autre bouquin de Pennac d'abord : Aux fruits de la passion.
Bien mieux que la chanson de Francky Vincent, y'a pas à dire, Daniel Pennac est doué et chacun de ses livres est une nouvelle bouffée de plaisir.

Ensuite un Amélie Nothomb parce que dans la boutique de l'aéroport y'a rien qui me plaisait : La Nostalgie heureuse. Ca se lit bien, et l'émotion affleure, c'est agréable, mais pas transcendant.

Et enfin deux perles, dans des styles très différents :
The Celestine Prophecy c'est très prenant, on a envie de faire le parallèle entre cette fiction et notre réalité, on veut que tout soit vrai, on veut s'élever et vibrer ; je l'ai dévoré. Ca se lit très facilement en anglais.
The Rune Breaker ca part d'un webcomic (trouvable gratuitement facilement, mais si vous trouver un moyen de faire vivre l'auteur, n'hésitez pas il/elle le mérite) et c'est original. C'est du médiéval fantastique bien foutu, bien écrit, avec un vocabulaire un peu plus compliqué pour les non-anglophiles. Le gros du scénario qui fait qu'il captive, et sans trop spoiler, c'est que l'héroine se retrouve à posséder une épée malgré elle, et à refuser le lien maitre esclave que cela implique avec la conscience magiquement présente dans l'épée. Je n'en dis pas plus, allez le lire et faites pas chier.

Au plaisir les gens.
Re: Le coin lecture
jeudi 19 février 2015 17:53:40
Google a parlé, The Celestine Prophecy existe en français : La Prophétie des Andes.
Rune Breaker par contre (sans le "the" devant en fait) c'est mort pour l'instant, je ne l'ai trouvé qu'en anglais, si j'ai la foi je vous traduis un chapitre un de ces jours.
Re: Le coin lecture
mardi 24 février 2015 13:10:48
Je sais pas si vous en avez déjà parlé, mais est-ce qu'il y en a qui ont déjà lu la saga "La Tour sombre" de King ?
Re: Le coin lecture
mardi 24 février 2015 14:24:30
Moui, quelques-uns l'ont lu, dont moi.
Ça remonte à mon lycée pour la plupart des tomes, donc je m'en souviens pas non plus parfaitement. Tu veux avoir un avis, ou tu as des questions précises ? Ou tu veux partager ton ressenti ? Tu veux cent balles et un Mars ?
Re: Le coin lecture
mardi 24 février 2015 15:54:28
Non ben j'voulais juste un avis à la base, mais je prends aussi les cents balles du coup.
Re: Le coin lecture
mardi 24 février 2015 16:06:39
Je lance de ce pas une collecte.

Pour La Tour sombre, moi je te la conseillerais vraiment. J'suis pas forcement objectif, car comme je l'ai dit, ça commence à dater un peu pour moi, pis j'aime beaucoup l’écriture de King.
Mais c'est un cycle de fantasy ambitieux, avec des personnages à la psychologie vraiment intéressante, et une intrigue bien prenante malgré son apparente simplicité originelle.
Les 5 premiers tomes (sur 7) sont excellents, avec notamment une écriture qui culmine pour les tomes 3 et 4 (Terres perdues et Magie et Cristal). A partir du 6e tome, y a un coup de moins bien je dirais, on sent que Stephen King a un peu bâclé la fin. Ainsi, bien qu'elle soit plutôt surprenante, on reste un peu sur sa faim et certains passages peuvent sembler curieux.

Bon, normalement, rien que pour King, ça vaut le coup. Le mec écrit très bien, sait faire vivre ses personnages comme personne. Je pourrais te citer des passages cultes par pelletées, d'autant qu'il fait le lien entre ce cycle et quelques-uns de ses autres romans (mais y a pas besoin de les avoir lus pour La Tour sombre, c'est juste du bonus pour fan disons). Pis t'as toujours une part de grosse culture populaire qui s'introduit dans ses bouquins, par exemple Le Magicien d'Oz dont les références y sont nombreuses.

Le premier tome est ptet le moins facile d’accès pour le coup. Il a une écriture assez sèche, les personnages et leurs desseins sont assez flous (même s'il n'y a que trois personnages importants dans ce premier volet) et ça peut rebuter. J'te conseille de t'accrocher, car des le deuxième tome, ça devient royal et très vite tu ne peux plus lâcher le livre.
Cette différence de style s'explique aussi par le fait que King a écrit ce cycle sur trois décennies différentes il me semble.

Pour résumer : c'est un très bon cycle de fantasy, loin des trucs avec elfes-nains-sorcier, qui demande un poil de temps pour s'apprivoiser et dont la fin peut se révéler un poil décevante au vue de la qualité globale de l'oeuvre.
Re: Le coin lecture
mardi 24 février 2015 20:37:37
Bon, j'testerais sûrement alors, à 7€ le premier tome, au pire y a pas mort d'homme.
Re: Le coin lecture
mardi 24 février 2015 21:12:21
A contrario, j'aime beaucoup l'auteur, mais pas cette série en particulier.
Re: Le coin lecture
mercredi 25 février 2015 00:46:41
Ah qu'est-ce qui t'a déplu mini ?
Histoire d'avoir un son de cloche différent...
Re: Le coin lecture
mercredi 25 février 2015 07:00:59
Bonjour :)
Re: Le coin lecture
mercredi 25 février 2015 07:01:59
(Trompé de topic)
Re: Le coin lecture
mercredi 25 février 2015 11:59:23
La nette impression de lire un patchwork.
C'est toujours du King, c'est toujours son style et sa manière de décrire les personnages.
Mais sur le fond ... j'ai bien aimé lire certains tomes seuls (3 et 4), mais le tout en tant que série, non.
Peut-être est-ce simplement que je n'apprécie pas le mélange des genres fantasy, horreur et western, allez savoir.

En tout cas, ce ne seront pas les livres que je choisirai pour dire un jour à quelqu'un : "ça, ça c'est du King".
Re: Le coin lecture
mercredi 25 février 2015 12:13:23
Ah pour le coté patchwork, je pense vraiment que c'est du au nombre d’années sur lesquelles s'est étalée l’écriture du cycle. Je viens de vérifier, King a commencé en 1970 le premier jet du Pistolero, et a fini le 7e tome en 2004.
Et du coup, normal que cela s'en ressente, son style a bien eu le temps d’évoluer en plus de trente ans. C'est d'ailleurs la même chose si tu compares ses premiers romans (genre Carrie ou Salem à Sac d'os ou Désolation pour citer des plus vieux).
En l'occurrence, ça se ressent vraiment pour les trois premiers je trouve cette différence de style (le premier est très différent du second, lui-même différent du troisième). Apres, je trouve une certaine cohérence dans l’écriture.
Mais ça suffit pour rebuter, assurément.
Re: Le coin lecture
mercredi 25 février 2015 12:14:41
Grumpf parenthèse mal placée qui ruine le sens de ma phrase.
ses premiers romans (genre Carrie ou Salem) à Sac d'os ou Désolation pour citer des plus vieux.*