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Le coin lecture

Envoyé par Kaiju_Steeve 
Re: Le coin lecture
vendredi 7 juillet 2017 10:48:59
Les réflexions en elles-mêmes portent sur la surpopulation, la propagande et la manipulation, ce qui est en soi intéressant. Seulement, elles sont développées à partir d'un postulat hyper individualiste, scientiste et libéral (qui ressemble beaucoup à celui du Cercle de Vienne, su tu connais). Huxley montre un mépris corrosif pour tous ceux qui ne partagent pas cette vision de l'humain. Ils le privent, selon lui, de sa dignité et de sa nature même, mais en plus, ils menacent les peuples qui respectent ce principe, comme les Américains.

En fait, j'aurais pu apprécier avant de faire de la philosophie des sciences dans une fac de gaucho :/
Re: Le coin lecture
vendredi 7 juillet 2017 12:56:55
Nop, je ne connais pas le Cercle de Vienne (mais Wikipedia vient de pallier cela), ​et donc OK, je pense voir ce que tu veux dire.
Après, si le point de vue est développé de façon intelligente, je suppose que ça peut rester une lecture intéressante je suppose, même sans être en accord avec les idées ?
Bon, je l'achèterai ptet un peu moins de sitôt en tout cas :P
Re: Le coin lecture
dimanche 9 juillet 2017 22:34:01
Oh, oui, ça peut être intéressant ! Mais je ne suis pas assez fan du Meilleur des Mondes pour que les détails de la réflexion derrière me passionnent ^^'
Re: Le coin lecture
mercredi 12 juillet 2017 08:50:09
​Gros post en guise de séance de rattrapage niveau lectures françaises :

  • La Controverse de Valladolid, de Jean-Claude Carrière. Romain historique qui entreprend de narrer la fameuse controverse ayant eu lieu sous forme de débat en 1550 et des brouettes afin de déterminer si les peuples précolombiens méritaient ou non d'être considérés comme des hommes.
    J'ai été surpris : le sujet était plutôt rugueux (pour ne pas dire chiant), mais l'écrivain réussit à en tirer un roman qui se lit plutôt bien, et qui s'avère assez distrayant et érudit finalement. Ca reste inégal quand même, par les limites imposées via la forme et le fond, mais je suis pas mécontent de m'y être risqué.

  • Jubilations vers le ciel, de Yann Moix. Moix m'horripile tellement quand je le vois chez Ruquier que je me suis demandé ce qu'il valait comme écrivain. D'où achat de son premier roman, qui lui a valu le Goncourt direct. Y a un style, indubitablement, j'ai été incapable de le rapprocher d'un autre auteur (ptet Beigbeder par certains côtés). Le roman est une histoire d'amour à sens unique étalée sur des décennies, racontée à la première personne, avec des morceaux vraiment très très beaux, d'autres un peu niais, et enfin certains quasi pornographiques.
    Exemple : "Hélène, je la rencontrai une première fois sous un préau. J'allais avoir douze ans. Elle jouait à la délivrance. Elle perdait des morceaux de lumière en courant. Elle portait un jean noir et un pull noir : c'était une éclipse."
    Je vous laisse classer cela dans la catégorie qui vous plaira. Bouquin déroutant en tout cas, sentiment très inégal à la fin, j'ai pas vraiment su si j'avais beaucoup aimé ou beaucoup détesté.

  • Extension du domaine de la lutte, de Michel Houellebecq, ou les turpitudes d'un cadre supérieur devant l'absurdité de la vie. J'avais bien aimé Les Particules élémentaires. Là, je dois avouer que je me suis pas mal fait chier, à part quelques chapitres plutôt bien tournés.

  • Eldorado, de Laurent Gaudé. J'aime beaucoup Gaudé, son Soleil des Scorta ou sa Mort du roi Tsongor ont été de très belles découvertes l'année passée. Et là aussi, il signe un roman très bien écrit, sur le thème terriblement actuel des migrants qui risquent leur peau sur les mers pour rejoindre un monde meilleur. Pas vraiment de parti pris, même si le tout dégage un côté humaniste qui défriserait Ori. Un beau roman, avec pas mal de noirceur mais paradoxalement beaucoup d'espoir.

  • L'Enigme du retour, de Dany Laferrière, grand écrivain haïtien siégeant à l'Académie française. L'histoire en partie autobiographique du retour à Haïti d'un écrivain vivant au Canada depuis des décennies, suite au décès de son père. Visions sur un pays qu'il ne reconnait plus vraiment et dans lequel il tente de se fondre et de retrouver ses racines.
    C'est écrit dans un mélange de prose et de simili-poésie, y a des bien belles réflexions sur l'exil, la famille, la culture. Après, le thème m'a finalement peu touché, et les pérégrinations de l'auteur m'ont laissé un peu de marbre.

  • La Place, d'Annie Ernaux. Roman autobiographique, où l'auteure décrit les souvenirs de son enfance, de sa famille, etc. Le tout dans un style volontairement dépouillé. Cela pour viser à l'universalisme je suppose... Perso, ça m'a un peu empêché de rentrer dedans, et même si cela se lit sans difficulté aucune et en très peu de temps sans déplaisir, j'en ai déjà pratiquement tout oublié.

  • Les Russkoffs, de François Cavanna. J'avais adoré le volet précédent, Les Ritals, où Cavanna décrivait son enfance dans les années 30 au sein de la communauté franco-italienne avec force truculences. Ici, c'est la suite directe : il a 16 ans, on est en 1939, et c'est la merdouille. C'est un livre bien plus sombre qui va donc couvrir les 6 années de guerre durant lesquelles l'auteur sera enrôlé de force afin de servir de main d'oeuvre dans les usines berlinoises. Le quotidien des enrôlés, les horreurs de la guerre, la haine du militarisme, une histoire d'amour lumineuse et malmenée avec une Russe, et toujours ce ton d'écriture réjouissant même dans de tels moments, ça forme un bouquin très puissant.
    J'ai légèrement préféré son prédécesseur, pour le côté naïf et insouciant de l'enfance, mais celui-ci est également un excellent bouquin !
Re: Le coin lecture
dimanche 16 juillet 2017 23:24:14
Citation
SpiralPad
La Controverse de Valladolid, de Jean-Claude Carrière. Romain historique qui entreprend de narrer la fameuse controverse ayant eu lieu sous forme de débat en 1550 et des brouettes afin de déterminer si les peuples précolombiens méritaient ou non d'être considérés comme des hommes.
J'ai été surpris : le sujet était plutôt rugueux (pour ne pas dire chiant), mais l'écrivain réussit à en tirer un roman qui se lit plutôt bien, et qui s'avère assez distrayant et érudit finalement. Ca reste inégal quand même, par les limites imposées via la forme et le fond, mais je suis pas mécontent de m'y être risqué.

Pour les plus frileux, il y a la version théâtrale de ce roman (et télévisuelle, mais je n'ai pas vu cette dernière donc je ne sais pas du tout ce qu'elle vaut).
Re: Le coin lecture
jeudi 20 juillet 2017 09:14:35
​Gros coup de coeur (et entrée direct dans mon top Livres sur Sens Critique) pour Le Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov.

Le bouquin est très dur à résumer. Pour faire quand même brièvement cet effort, on a deux histoires principales intimement liées : une histoire d'amour maudite entre les deux personnages éponymes, et une histoire où le Diable en personne et sa clique viennent foutre le boxon dans le Moscou des années 30, en plein stalinisme.

Ajoutons à cela un pourceau volant, la vraie histoire de Jésus et de Ponce Pilate (si si), un chat noir doué de paroles, un bal des damnés ohé ohé, et vous obtenez un livre qui mélange super habilement fantastique et réel. Et derrière cette histoire somme toute fort divertissante, l'auteur a quand même inclus des réflexions (et une charge) à propos de la censure, la corruption, l'URSS, le mysticisme... Sachant que le bouquin a été écrit durant le régime de fer de Staline, on se dit que c'est quand même assez couillu.

Donc un livre qui ne ressemble à pas beaucoup d'autres, et c'est ça qui fait aussi sa force. On ne peut qu'être emporté dans ce joyeux fourbi où le Diable est presque sympathique quand il vient à briser la rigueur soviétique.
Dernier argument : y a un joli chat sur la première de couverture, et c'est cool les chats.
Alors hop, on se bouge et on le lit !

PS : pour l'anecdote, le premier chapitre m'a terriblement rappelé la chanson "Sympathy for the Devil" des Stones, et Wiki vient de m'apprendre que c'était pas une coïncidence, Jagger s'en serait en effet inspiré pour écrire la chanson. Étonnant non ? Non ? Ok...
Re: Le coin lecture
jeudi 20 juillet 2017 09:54:14
Sympathy for the Devil c'est un épisode de cowboy bebop.
Re: Le coin lecture
jeudi 20 juillet 2017 10:35:33
J'avais écrit un pavé sur mes dernières lectures passionnantes, y compris Les 6 compagnons, et un cirage de pompes à Spiral au passage, mais tout est parti, volatilisé, pfuit
Re: Le coin lecture
vendredi 21 juillet 2017 00:37:03
Du coup je prends le relais pour donner mon avis sur Le Maître ou le Tournoi de go, de Yasunari Kawabata (j'ai fait un copier-coller), qui raconte le dernier match d'un maître de go avant sa mort, vu depuis les yeux d'un journaliste qui suit ce match, en 1938. C'est un bouquin assez... lent ? Dans le sens où finalement bah il se passe pas grand-chose, on suit la partie se dérouler et l'état de santé du maître s'affaiblir, celui-ci ne voulant pas arrêter.

Mais j'aime bien l'idée d'un homme prêt à mourir, ou en tout cas mettre sa santé de côté pour quelque chose qui le passionne au plus profond de lui. Après voilà, ça reste l'idée principale, et en dehors de ça c'est pas fou. Ça parle de go, et ça aussi c'est chouette, mais ce sera pas le bouquin de l'année pour moi.
Re: Le coin lecture
vendredi 21 juillet 2017 08:11:42
Haha marrant cette coïncidence ('fin, si on a vraiment rien de plus drôle dans les parages), mais j'étais à la Fnac hier, et justement j'ai longtemps hésité à acheter ce livre précisément. Parce que je voulais essayer un Kawabata, et qu'ils n'avaient pas La Danseuse d'Izu, qui était mon premier choix... Bon, finalement, le monde aux caisses m'a découragé, et c'était ptet un signe divin si j'en crois ton avis !
Re: Le coin lecture
vendredi 21 juillet 2017 18:20:21
Étant en déprime profonde, j'ai beaucoup ri.

Plus sérieusement, j'espère que ce n'était pas son meilleur, autrement ce serait un peu décevant :( De quoi ça parle La Danseuse d'Izu ?
Re: Le coin lecture
vendredi 21 juillet 2017 18:48:28
Pas la moindre idée, je suis bêtement un conseil d'un pote. Je crois que ce sont des nouvelles, mais même pas sûr.
Et la 4e de couv' était assez mystérieuse hier, ce qui n'aide en rien.
Re: Le coin lecture
samedi 22 juillet 2017 01:24:47
Super, moi qui voulait créer de l'interaction, me voilà obligé d'aller faire une recherche Google ! À quoi servent les forums, je vous jure.

Bon du coup je tombe sur ça : "Yasunari Kawabata ne révéla peut-être jamais aussi bien que dans les cinq nouvelles de La Danseuse d'Izu la poésie, l'élégance, le raffinement exquis et la cruauté du japon." Ce qui confirme que ce sont des nouvelles, mais ne nous aide pas des masses autrement. Je compte sur toi pour donner un avis plus détaillé quand tu l'auras lu :D
Re: Le coin lecture
dimanche 30 juillet 2017 17:35:27
Drôle de bouquin que Ravage, de Barjavel. Dans une monde futur (en 2050 et quelque), la disparition de l'électricité plonge le monde dans le chaos. On suit un petit groupe de survivants fuyant Paris et ses incendies vers le Sud de la France pour tenter de refaire leur vie.

C'est un livre vraiment pas tendre avec l'homme, qui est vraiment vu comme incapable de contrôler ce qu'il a créé, puis comme faible face aux éléments, et enfin comme très cruel. Enfin c'est comme ça que je l'ai vu. C'est tout le temps très froid, les personnages n'ont finalement pas grand-chose d'attachant au vu de leurs personnalités et de leurs actes, et certains meurent sans que ça ne nous fasse ni chaud ni froid. Contrairement aux autres bouquins de Barjavel que j'avais déjà lus, la fin n'est pas optimiste. Bref, il porte bien son nom et ravira les plus pessimistes. Mais autrement ça va, c'est un chouette livre.
Re: Le coin lecture
lundi 31 juillet 2017 08:40:22
J'avais bien aimé aussi, même si je suis d'accord que c'est pas tendre envers l'humanité, et que là où La Nuit des temps finit de façon douce et optimiste de mémoire, celui-là, tu le refermes avec le coeur un peu mois léger.

Puisque Milka aborde la science-fiction, j'ai refait mon retard sur Fondation, d'Asimov. Bon, juste le premier tome pour le moment. Sans surprise, de la grande SF. C'est plus psychologique que ce à quoi je m'attendais, et c'est pas pour me déplaire.
Légère préférence pour Hyperion de Simmons que j'avais ultra-méga-kiffé cependant (y a énormément de points communs entre les deux oeuvres), mais ça se joue à peu.
Re: Le coin lecture
lundi 31 juillet 2017 09:10:50
Si mes souvenirs sont exactes à la fin de la nuit des temps une femme se suicide et empoisonne son amant en croyant tuer son époux forcé. La légèreté et la douceur optimiste incarnées.
Hyperion c'est pour attirer les hyperiodes ?
Re: Le coin lecture
lundi 31 juillet 2017 09:53:56
Tout à fait possible que je me goure pour le Barjavel, je l'ai pas lu super récemment non plus...
Re: Le coin lecture
lundi 31 juillet 2017 11:43:47
J'ai enfin remis la main sur Gargantaur. Par contre je viens de le prêter à quelqu'un...
Re: Le coin lecture
lundi 31 juillet 2017 12:34:56
C'est ça tibere, mais à la toute fin le fils de la famille "lambda" qu'on suit en fil rouge tout au long du film se révolte contre cette société qui a ruiné cette incroyable découverte par appât du gain, de la célébrité, etc. Donc disons qu'il y a un brin d'espoir concernant la jeunesse qui veut faire bouger les choses.
Re: Le coin lecture
mardi 1 août 2017 20:14:36
Gros blanc également sur la fin de La nuit des temps mais néanmoins le souvenir d'une impression de cohérence (peut-être un retour vers l'éternité pas trop mal amené ?? je ne sais plus du tout)
Ravage m'avait paru plus foisonnant, plus dérangeant, conçu pour susciter l'interrogation, soit l'inverse du premier qui nous conduit flegmatiquement où il veut.
(vieilles lectures aussi)
Re: Le coin lecture
mercredi 2 août 2017 10:20:22
Je vous déteste et je préfère traiter par le mépris votre ignorance sur les deux chefs d'oeuvre qui ont bercé ma jeunesse et qui ont longtemps été mes livres préférés.
Re: Le coin lecture
mercredi 9 août 2017 09:19:31
/!\ Alerte bouquin formidable /!\

Eloge de la fuite, de Henri Laborit.
184 pages d'un constat lucide sur la condition d'être humain et sur les mécanismes de la société dont nous faisons partie.
Pour simplifier très très vite sa pensée, le monsieur développe que fuir est souvent le meilleur des moyens pour échapper aux contrariétés de la vie. Evidemment, c'est plus complexe que cela, mais je ne peux pas vous résumer le tout ici, sachant que le bouquin aborde les thèmes de l'amour, la mort, la culture, la vie quotidienne, etc.

Lester, Roger, je sais que le livre vous parlera.
Slather, je te l'avais offert de mémoire donc j'espère que t'as kiffé vu que t'es une personne de bon goût.
Pis tous les autres qui lisent cela, enchainez donc sur la lecture de ce livre, hop hop hop !

Deux-trois citations pour bien faire (merci Babelio) :

"Se révolter, c’est courir à sa perte, car la révolte, si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l’intérieur du groupe, et la révolte, seule, aboutit rapidement à la suppression du révolté par la généralité anormale qui se croit détentrice de la normalité. Il ne reste plus que la fuite."

"Mais que l’on nous fiche la paix avec tous les mots creux qui ont permis jusqu’à ce jour de mener les masses vers un idéal de meurtres et de dominance, toujours pour la bonne cause : celle de l’amour, de la responsabilité, de la liberté, de la fraternité, de l’espérance. Ne serait-il pas alors possible d’atteindre la paix et la tolérance, en louant la haine, l’irresponsabilité, l’esclavage, l’égoïsme et le désespoir ? […] Qu’on en finisse avec les humanistes bêlants qui tentent de nous faire croire au père Noël et à la force des mots. Il ne leur en coûte pas beaucoup de les prononcer. Le sens de la vie humaine n’est sans doute que l’accès à la connaissance du monde vivant sous laquelle celle du monde inanimé n’aboutit qu’à l’expression individuelle et sociale des dominances sous la couverture mensongère du discours."

"L'Homme est enfin, on peut le supposer, le seul animal qui sache qu'il doit mourir. Ses luttes journalières compétitives, sa recherche du bien-être à travers l'ascension hiérarchique, son travail machinal accablant, lui laissent peu de temps pour penser à la mort, à sa mort. C'est dommage, car l'angoisse qui en résulte est sans doute la motivations la plus puissante à la créativité."
Re: Le coin lecture
jeudi 24 août 2017 13:39:01
​Un petit mix de tout ce que j'ai pu lire ces 15 derniers jours, avec pas mal de trucs sympathiques et deux petits coups de coeur par lesquels je commencerai :

  • Sous le soleil de Satan, de Georges Bernanos. ​​La plume de Bernanos est l'une qui me laisse le plus en admiration dans le paysage littéraire français. Cet écrivain possède une écriture d'une érudition et d'une élégance folles, et ce livre en est une nouvelle preuve.
    Peu de monde arriverait aussi bien à retranscrire les doutes et les errances liées à la foi de ce pauvre abbé Donissan. Alors oui, la langue est soutenue, la lecture peut en être lente, mais c'est un plaisir de chaque instant que de se délecter de cette prose.
    Et, là où je ne m'y attendais pas dans l'univers de l'auteur, l'incursion d'un semblant de fantastique ou d'irréel, qui vient donner une saveur particulière à l'ensemble !
  • Petit pays, de Gaël Faye. ​C​e livre avait eu un joli succès depuis le début de l'année, et je connaissais surtout son auteur pour la chanson homonyme.
    J'ai été très agréablement surpris : d'un contexte très sombre (le génocide rwandais et ses conséquences dans le pays voisin du Burundi), Faye tire une histoire à hauteur d'enfant qui recèle une part de luminosité et d'espoir salvateur. C'est de surcroit très joliment écrit, raison de plus pour se jeter dessus.​
  • Balzac et la petite tailleuse chinoise, de Dai Sijie. ​Un joli petit roman qui nous emmène dans la Chine maoïste, pour une histoire d'amour et de lettres.
    Le pan historique (somme toute restreint) ne manque pas d'intérêt, et l'intrigue qui nous est contée tient davantage de l'ode à la littérature et à sa liberté qu'à de vraies aventures. Dommage selon moi.
    Reste un roman qui se dévore rapidement, qui promet quelques jolis passages, mais ne laisse pas un goût impérissable.
  • Gatsby le magnifique, de Francis S. Fitzgerald. ​​Pour une fois, j'ai vu l'adaptation cinéma avant de découvrir le roman l'ayant inspiré.
    Aurais-je encore davantage apprécié ce dernier en ayant eu la surprise de la découverte ? Possible.
    N'en reste pas moins que le talent de Fitzgerald est palpable à chaque page, et dresse un portrait au vitriol de l'aristocratie et des arrivistes de tout poil.
    Petit regret quand au personnage du narrateur, que j'aurais souhaité plus développé et que j'ai donc trouvé un peu fade, notamment par rapport au personnage éponyme.
  • La Chambre des officiers, de Marc Dugain. ​Un officier affreusement défiguré au combat durant la Première Guerre mondiale va passer les 4 ans du conflit dans une chambre en compagnie de ses semblables, et apprendre à se reconstruire (mentalement et physiquement).
    L'idée de base était prometteuse, et je regrette presque que le livre soit si court tant certains passages auraient mérité davantage de développements.
    Si la lecture de ce livre se fait donc sans déplaisir aucun, je n'ai pas pu m'empêcher de le comparer à Johnny s'en va-t-en guerre de Trumbo, plus puissant à tous les points de vue.
  • Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre. ​L​'adaptation du film par Dupontel, qui doit sortir prochainement, m'a exhorté à me pencher sur le matériau de base.
    Une histoire d'arnaques, de gueules cassées, et de patriotisme à la sortie de la Grande Guerre, qui fait un habile dosage entre cynisme et célébration de la vie et des sentiments.
    On se fait facilement emporter par la narration habile de Lemaitre (malgré quelques rares moments plus patauds) et les 600 pages du roman passent en un souffle.
    Il manque cependant un petit quelque chose pour en faire un très grand roman, un petit je ne sais quoi qui fait toute la différence et laisse une trace durable dans les esprits.
  • La Citadelle des neiges, de Matthieu Ricard. ​Note à moi-même : arrêter de lire des histoires écrites par Matthieu Ricard, et m'en tenir à ses essais et réflexions, qui suscitent chez moi bien plus d'intérêt malgré des opinions parfois contradictoires.
    Pas grand chose à dire donc sur ce conte gentillet censé initier aux principes du bouddhisme. Je suppose que j'aurais pu aimer en le lisant tout gamin. Là, c'était trop tard, et la beauté et pureté des sentiments et ressorts exploités ici m'a considérablement lassé.
  • Les Chaussures italiennes, de Henning Mankell. ​On m'a offert ce bouquin car l'auteur était renommé pour ses polars. Sauf que ce livre est tout sauf un polar. Et grand bien lui en fasse !
    A partir d'une histoire simple et profondément humaine (un vieil homme misanthrope retrouve par hasard son amante d'il y a 40 ans, condamnée par la maladie), Mankell tire un livre rempli de petits moments d'émotions sans être tire-larmes.
    On vit avec l'anti-héros cette rédemption morale, et on referme le livre avec un gros pincement au coeur. Belle découverte, et envie de découvrir la suite Les Bottes suèdoises.
Re: Le coin lecture
jeudi 24 août 2017 13:52:50
Et le mec n'est même pas au chômage, il lit en quinze jours ce que le français moyen lit en un an. Et tout est parfaitement normal.
Re: Le coin lecture
jeudi 24 août 2017 14:21:54
​J'avais pris une semaine de vacances quand même...
Et je cohabitais avec certaines personnes pour qui l'heure de lever usuel était aux alentours de 11h du mat' (j'vous aime bien quand même hein !), donc autant te dire que ça laisse du temps pour la lecture quand tu es plutôt un lève-tôt.
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