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Du côté plume de l'histoire

Envoyé par Bekvothien 
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Re: Du côté plume de l'histoire
jeudi 5 février 2015 15:42:15
Mou Moi, Président de la République...
Re: Du côté plume de l'histoire
jeudi 5 février 2015 15:43:31
Bon rien à voir mais j'avais besoin d'écrire ca quelque part.
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Ma horde...

Chaque matin de la semaine, je prends le même chemin.
J'emprunte la rue Serchant les yeux encore à moitié fermés, je tourne dans la rue Olivier d'Ormesson oppressante pour certains, elle me rassure ; je finis par la rue de Sévigné, comme une entrée dans l'arène, ouverture sur la place du marais, avec l'entrée du métro, et les dizaines d'humains qui se croisent dans une expression figée de course vers l'avant, de fuite. Ils ne vivent pas les gens le matin, ils s'affranchissent de leur corvée malgré eux.

Mais là n'est pas le sujet, car j'ai un message à vous transmettre, une grande et belle histoire, en plusieurs épisodes, sur toute une saison, comme les séries télévisées ! Et elle débute à l'angle de Serchant cette histoire, là où mon éveil sur le monde, mon premier contact avec le milieu des vivants se produit, alors que je croise le clan de pigeon qui a fondé son antre dans les poutres du bâtiment attenant.

Au tout début de cette relation, j'y vais à reculons, je ne les apprécie guère, j'ai peur d'avoir à éviter leurs pluies de fientes, de devoir esquiver les vols à tire d'aile de dernière seconde, et de devoir généralement supporter sans broncher leur présence malodorante et esthétiquement discutable.

Mais peu à peu je m'habitue, je commence à les reconnaitre, à me demander ce que c'est qu'une vie de pigeon, et à les plaindre quand un enfant les chasse, ou qu'un adulte a une saute d'humeur et les fait fuir à grands coups de moulinets...

Et je m'y attache. Saviez-vous que l'intelligence limitée d'un pigeon est tout à fait illusoire ? Que s'ils pullulent là où nombre d'autres animaux sauvages périssent au contact de l'homme, c'est bien grâce à leur extraordinaire capacité d'adaptation ? Figurez vous qu'à une heure sombre de mon existence, j'ai décidé d'en faire subir l'expérience au reste du monde.

Je venais de perdre ma dernière goutte de patience lorsqu'un jeune con avait tout naturellement jeté sa clope du soir à mes pieds, et lâché sa dernière bouffée de fumée dans mon visage... Je rentrais chez moi, désabusé, heureux de quitter le monde des Hommes, et une idée m'a pris de plein fouet en croisant JB, le pigeon qui boite et que j'avais surnommé ainsi après l'avoir vu boite à même une canette de la marque : j'allais dresser les pigeons contre les capitalistes.

Le principe semblait extrêmement simple. Les pigeons fonctionne par habitude. De proche en proche, si sa se fait doucement, ils peuvent s'habituer à la présence des humains au point de ne pas s'envoler lorsque l'un d'entre eux marche à toutes enjambés à coté d'eux. Mon objectif était de les habituer tellement, et de les affamer juste assez, pour m'assurer qu'ils viendrait prendre leur nourriture directement dans les mains des hommes et des femmes qu'ils croiseraient. Ne pas fuir parce que finalement le risque pris est négligeable. Nous nous baladons avec nos sacs, un barda d'affaires inutiles auquel nous tenons à tout prix "au cas où", et quand bien même nous aurions les mains libres, elles sont bien enfoncées dans nos poches pour limiter au maximum l'intéraction avec l'air froid, les maladies, le contact d'autres gens... Du coup l'être humain est de plus en plus faible. Il n'est ni entrainé ni motiver pour lutter de tout son potentiel face à une menace animale instinctive.

J'ai donc commencé par nettoyer soigneusement le coin, et virer toutes les grands mères qui laissaient qui du pain, qui de la laitue défraichie (j'étais étonné d'en voir faire ca, comme si la rue devenait leur grande poubelle et qu'elles cachaient ca sous un don généreux aux pigeons), qui des gâteaux. En plus de diminuer les quantités, j'ai donné moi-même accès à la nourriture, pour qu'ils ne fuient pas vers un coin plus propice, mais en la tenant. Je ne lâchais pas la baguette que je leur tendais. Ils fallait qu'ils viennent en arracher des bouchées directement. Petit à petit je me débattais un peu, jusqu'à ce que ce soit une lutte quotidienne.

En deux mois, j'avais atteint mon objectif, les gens qui mangeait dans le quartier le midi étaient terrorisés par ces pigeons qui n'hésitaient pas à venir boulotter leur propre sandwich, nullement effrayé de leurs moulinets dans le vide. Les commerçants s'étaient équipés de balais dont ils essayaient d'asséner de grands coups aux pigeons suffisamment alertes pour ne pas céder ni ne subir les attaques de plein fouet : la guerre était ouverte.

J'avais l'impression que l'instinct reprenait ses droits sur l'homme bouffé par la perversion capitaliste, j'avais fait quelque chose de ma vie, ma horde se battait contre l'Humanité déshumanisée.
Re: Du côté plume de l'histoire
jeudi 19 février 2015 23:34:01
Un petit quelque chose de plus joyeux cette fois !

Debout devant ma fenêtre, le radiateur me chauffant les jambes, une couverture sur mes épaules, je contemple d'un œil distrait le ciel gris et bas. Les nuages masquent le soleil et bien qu'il ne soit que seize heures, la nuit semble sur le point de tomber. Je frissonne et mon souffle forme de la buée sur la vitre dans laquelle je dessine sans y penser un petit cœur. Je déteste le froid. Je préfère de loin l'été, la chaleur qui assomme, la brûlure du soleil sur ma peau adoucie par un vent léger, le chant des grillons le soir, les bruits de la nuit qui envahissent ma chambre quand je laisse la fenêtre grande ouverte. L'hiver est trop sombre et sinistre pour moi, rester enfermée chez moi, enfiler quinze couches de vêtements pour mettre le pied dehors, me brûler les poumons en respirant, ne plus sentir mon nez et mes oreilles, très peu pour moi.

Mais, comme pour me contredire, le ciel m'offre la seule chose que j'apprécie en cette saison : la neige. Comme par magie, les nuages s'ouvrent et déversent leurs centaines de flocons sur le paysage terne de la cour s'étalant au bas de mon immeuble. Aussitôt, tout est recouvert de blanc. La fontaine, les pelouses, les arbres, les murets, même le sol, rien n'y échappe. Dans les airs, des flocons à perte de vue, voletant sous l'action de la bise glacée. Tout disparaît, on n'y voit plus rien à plus de vingts mètres.

Puis, petit à petit, la tempête de neige se calme, les nuages se dispersent et le soleil pointe timidement le bout de son nez. Comme pour fêter son retour, une petite fille suivie de deux garçons arrivent dans la cour. Ravie d'être la première à fouler ce blanc manteau, elle court partout, laissant ses empreintes dans la neige. Elle s'allonge, fait un ange en battant des bras et des jambes et se relève toute fière d'elle avant de se précipiter vers sa mère pour le lui montrer.

De leur côté, les garçons ont entamé une bataille de boules de neige. La fontaine est devenu le donjon de l'un tandis que l'autre a transformé les murets en murailles protégeant sa forteresse. Ils ramassent frénétiquement de la poudreuse, la compactant dans leurs doigts rougis avant de se la lancer dessus puis de fuir vers un autre abri lorsque le leur est menacé. Ils se poursuivent ainsi une dizaine de minutes avant d'entraîner la petite fille avec eux pour faire un bonhomme de neige. Alors que les garçons entassent la neige pour faire le corps, la fillette ramasse des petits cailloux et des branches mortes pour faire les bras et le visage.

Une fois leur œuvre finie, ils reculent un peu et l'admirent avant de le détruire pour recommencer une bataille. Prise d'une soudaine impulsion, j'ouvre ma fenêtre, récupère le peu de neige qu'il y a sur le rebord, forme une boule bien ronde et la lance en plein sur les enfants. Je les entends piailler de surprise. Ils se regardent, cherchent le coupable et je leur fais de grands signes. Lorsqu'ils me voient, ils éclatent de rire, appellent leur mère à grand renfort de cris et me montrent du doigt. La femme sourit à son tour, me salue puis rassemble ses trois anges qui grelottent de froid, trempés, les lèvres violettes mais ravis, et prend le chemin du retour.

Je referme ma fenêtre et imagine la suite de la scène dans ma tête. Ils rentreront chez eux, enlèveront leurs bottes sur le palier pour ne pas mettre de neige dans la maison. Ils mettront leurs gants, bonnets et écharpes à sécher près d'un radiateur ou devant un bon feu de cheminée puis ils se précipiteront à la cuisine où leur mère leur préparera un délicieux chocolat chaud qu'ils boiront lentement pour se réchauffer, jouant à celui qui gardera le plus longtemps ses doigts gelés sur la tasse brûlante.

Nostalgique, je rouvre les yeux et admire le paysage hivernal. Il recommence à neiger et les traces laissées par les enfants disparaissent lentement. Demain, d'autres viendront et s'amuseront aussi jusqu'à ce que le froid les vainc et les fassent rentrer chez eux, au chaud et à l'abri de tout.

J'aime bien l'hiver en fin de compte, puisqu'il nous offre la neige et sa magie.
Re: Du côté plume de l'histoire
jeudi 19 février 2015 23:58:01
C'est très chouette.

Mais du coup j'ai presque trouvé qu'il manquait une bonne grosse chute, un truc qui vient casser tout le côté "dégoulinant de bons sentiments" du texte, vu le niveau de dépression des précédents textes postés ici :D
Re: Du côté plume de l'histoire
vendredi 20 février 2015 00:00:45
Rooooh ben non, fallait que j'écrive une scène de la vie quotidienne dans laquelle se glisse un peu de magie ! Et puis ça change comme ça :P
Re: Du côté plume de l'histoire
vendredi 20 février 2015 10:20:52
C'est super. Tu sais combien je suis toujours critique et j'essaie de te remonter chaque point qui me semble dérangeant, mais là rien à redire, à part le coté un peu gniangnian mais totalement assumé. Merci pour ce joli texte.
Re: Du côté plume de l'histoire
vendredi 20 février 2015 12:47:32
Waouh, quel compliment ! Merci Roger ^^
Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 00:16:27
Allez, 23h30, le sang rempli d'alcool et de THC, vlà une petite impro :)

Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 11:15:38
Waouh.
C'est... vachement beau, en fait. D'habitude ce genre de sujet me fait ressentir principalement du malaise, mais là non, l'écriture est, je ne sais pas, super bien dosée.
Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 12:00:25
J'ai pensé un moment que la mutilation était pour avoir une excuse bidon, genre "j'ai eu un accident, et pour preuve j'étais à l'hosto, et on voit que je suis vraiment blessé", et que c'était ça le "j'ai triché".

Mais sentir la douleur pour se sentir vivant, tricher avec la vie en invitant la mort, je ne m'y attendais pas. C'est bien écrit et assez poétique.
Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 15:01:22
Ori... Bravo pour avoir fait passer beaucoup de choses en si peu de mots. C'est saisissant.
Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 17:51:46
Bon, allez, première contribution dans ce topic. C'était un travail qu'on avait dû faire un anglais, donc j'ai simplement traduit ce que deux potes et moi avions fait. Si vous passez par là, Raph et Grégory o/

La nuit du Réveillon

Il raccrocha le téléphone.

Ce qu'il avant entendu ne l'étonna pas. Il s'y attendait.
Donc, ils seraient là plus tôt. Dix minutes, si ce qu'on lui avait dit était vrai. Et il pensait que ça l'était. Alors, quoi ? Il ne ressentait rien. Pas de culpabilité, pas de remords. Seul dans
l'appartement noir, il repensa à tout ça.

Alors qu'il remplissait de nouveau son verre avec du whisky bon marché, les lumières de la rue attirèrent son attention. Il avait oublié à quel point les gens étaient stupides, à continuer de décorer leurs maisons avec des décorations de Noël. Une bouffée de nostalgie lui prit alors la gorge. Quand avait-il fêté Noël pour la dernière fois ? Etrangement, il pouvait seulement se rappeler la première fois, quand il avait vu la neige sur le sol, les arbres et les voitures, quand pour la première fois il avait fait un bonhomme de neige, avec sa sœur, durant l'après-midi.
Comme il était simple et stupide à cette époque. Il reprit un peu de son atroce breuvage, mais l'alcool ne l'aida pas plus que ça.

Il entendit des voix dans la rue et se pencha pour voir par la fenêtre. Des gens faisaient la fête dehors, des jeunes qui marchaient dans les rues enneigées de la ville. Ils allaient sûrement rejoindre d'autres amis à eux. Mais pourquoi faire ? Quel jour était-on ? Noël était pourtant déjà passé.
"Ah oui", murmura-t-il, "Ce putain de Réveillon."
Alors qu'il regardait le petit groupe s'éloigner, il pensa qu'il avait été comme eux, dans sa jeunesse. Il avait sa propre bande, traînait de soirées en soirées, rencontrait d'autres personnes, d'autres filles, souriait, rigolait, et même parfois, embrassait. Mais peu après menaçait, frappait, volait et tuait.
Que s'était-il passé ? Qui était-il devenu ?
Il n'y avait pas d'amis autour de lui, pas de famille pour faire la fête, pas de sœur avec qui jouer et pas de femme à embrasser.
Les sirènes se firent entendre, s'arrêtant en bas de l'immeuble.

"Putain de merde", se dit-il pour lui-même, "Qu'est-ce que je fous là ? Il faut que je me barre ! Je l'ai déjà fait des centaines de fois !"
Il attrapa son sac et jeta dedans quelques vieux vêtements, un peu d'argent : juste ce dont il avait besoin, et il n'était même pas sûr pour les vêtements… Il se promit de changer, d'utiliser cet argent pour redonner un peu de dignité à sa vie, de finalement se trouver une famille avec laquelle il pourrait célébrer les fêtes et vieillir en paix.

"Aussi longtemps que je serais vivant, je changerais". Et il se répéta cette phrase comme sa nouvelle devise.
Il agrippa l'arme qu'il avait gardée de son premier braquage, et ouvrit la fenêtre pour se servir des escaliers de secours. La porte d'entrée fut enfoncée. La police vit seulement un homme armé.

Les tirs furent couverts par les feux d'artifices. La nouvelle année venait de commencer.
Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 17:59:33
C'est joli Milka, notamment la fin.
T'aurais dû poster la version originale aussi tant qu'à faire, j'trouve que c'est toujours mieux de le lire sans une traduction supplémentaire quand on peut ;)
Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 18:02:33
Ouais mais on est pas tous bilingues comme toi Spiral :(

Si jamais d'autres gens veulent je la retaperais et la mettrais ici en anglais, dans la version de base !
Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 18:05:14
Oui, d'où mon "aussi", histoire de poster les deux ;)
Mais c'est vrai que ça fait pas mal de boulot en plus, et que dans un but de compréhension générale, mieux vaut la française.
Re: Du côté plume de l'histoire
lundi 23 février 2015 18:24:09
Bon allez, puisque vous m'êtes sympathique, vlà la version anglaise. Normalement c'est plus ou moins traduit littéralement, à ou un deux détails près.

Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 12:20:26
Oh putain. J'ai lu la première phrase et j'ai embrassé ma mère. Je n'ai pas osé aller plus loin.
Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 12:24:51
Excuse moi c'était un peu bourrin comme retour, mais faites comme vos profs d'anglais le disent, écrivez directement en anglais plutôt que de penser en français et d'essayer de traduire. Utilisez les structures de phrase que vous connaissez, quitte à avoir un registre de language simple au début.
Enfin en français comme en anglais j'avais un gros soucis sur la concordance des temps dans ce texte.
Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 13:07:45
Ouais, en anglais on avait galéré, du coup en français j''en ai un peu chié aussi x)

Mais bon, c'est pas vraiment un truc abouti, on a fait ça en une heure de cours. Mais je l'aime bien quand même.
Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 13:42:25
Ah ben c'est sur que l'idée derrière elle est top :)
Avec un peu d'entrainement tu nous pondras des trucs super j'en suis sûr (et n'oublie pas de les couver après) !
Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 13:56:03
Globalement on est une belle bande de dépressifs... :D
Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 14:47:46
Allez, un vieux texte que j'avais publié à l'époque dans un journal étudiant. Il est perfectible, mais je m'étais bien amusée à l'écrire :


Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 15:58:57
Magnifique, et le scénario est super original ! Et ce titre tout en finesse vernienne. Rien à foutre j'invente des mots.
Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 16:07:57
Ahah t'inquiète pas Lester, c'est pas aujourd'hui la rédaction notée.
Re: Du côté plume de l'histoire
mercredi 25 février 2015 16:12:25


Modifié 1 fois. Dernière modification le 25/02/15 18:35 par remouk.